Une chaîne virale balayée pour "contenu violent"
YouTube a invoqué la présence de "contenu violent" pour justifier la suspension. Une décision que les responsables de la chaîne ont vivement contestée. "Nos animations en style Lego sont-elles réellement violentes ?", ont-ils ironisé sur les réseaux sociaux après la fermeture.
Téhéran accuse YouTube de censure politique
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, est monté au créneau ce lundi. "Dans un pays qui accueille fièrement Pixar, DreamWorks Animation et Walt Disney Company, une chaîne YouTube animée indépendante a été brusquement supprimée !!", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. "Simplement pour supprimer la vérité sur leur 'guerre illégale' contre l'Iran et protéger le faux récit de l'administration américaine."
Les vidéos ciblaient clairement un public américain, s'appuyant sur des blagues et des mèmes sur les failles personnelles des dirigeants. L'une d'elles visait notamment le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, épinglé pour ses antécédents d'alcoolisme et des accusations de comportements sexuels. Une autre revenait sur les liens supposés entre Trump et le milliardaire condamné Epstein, un sujet brûlant alors que de nouvelles révélations circulent autour de ce dossier.
Le contenu toujours accessible sur Instagram, X et TikTok
La suppression par YouTube, propriété de Google, n'a pas éteint la voix d'"Explosive Media". Le contenu reste accessible sur Instagram, X (ex-Twitter) et TikTok, où il continue de cumuler des millions de vues. La chaîne semble avoir été conçue pour toucher des audiences occidentales insatisfaites, en "tapant sur des points de mécontentement aux États-Unis", selon un expert cité par le média Common Dreams.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de tensions extrêmes entre Washington et Téhéran. Comme le soulignent des chercheurs, les relations entre les deux pays ressemblent moins à un jeu de poker qu'à "des échecs de Machiavel", avec une diplomatie faite d'ultimatums rarement mis à exécution et de volte-faces permanentes. La suppression de cette chaîne satirique illustre une nouvelle fois comment internet est devenu un champ de bataille dans ce conflit. À l'image d'autres affaires insolites qui font l'actualité, cette suppression met en lumière les nouvelles formes de guerre de l'information à l'ère numérique, et comme tout fait marquant qui dépasse le cadre habituel, elle s'est rapidement transformée en symbole d'une censure dénoncée depuis Téhéran jusqu'aux réseaux sociaux occidentaux.