Le choc entre les deux trains : ce que l'on sait
Ce train de banlieue était à l'arrêt en raison d'un incident survenu en amont : un taxi s'était retrouvé bloqué sur un passage à niveau non gardé, provoquant l'interruption de la circulation ferroviaire. C'est dans ce contexte que le train grandes lignes, lancé à pleine vitesse, n'a pas pu s'arrêter à temps.
L'impact concentre toute sa violence sur le dernier wagon du train de banlieue, un wagon réservé aux femmes. C'est dans cette voiture que l'ensemble des 14 victimes décédées ont été retrouvées. Les 240 passagers du train longue distance, eux, sont tous ressortis indemnes de la collision.
Les opérations de secours se sont étalées sur près de douze heures, mobilisant des dizaines de secouristes pour extraire les passagers des wagons enchevêtrés. Trois personnes ont notamment été retrouvées piégées dans l'épave du wagon endommagé, nécessitant des opérations d'extraction minutieuses pour ne pas aggraver leurs blessures. Les secours ont pris fin en milieu de matinée ce mardi 28 avril.
Au total, 84 personnes ont été hospitalisées, selon le bilan définitif communiqué par la compagnie ferroviaire publique PT Kereta Api Indonesia (KAI).
"Tout s'est passé si vite, en une fraction de seconde"
Les témoignages des survivants décrivent un choc d'une brutalité extrême. "Tout s'est passé si vite, en une fraction de seconde", a confié l'un des passagers présents dans le train de banlieue au moment de la collision. La violence de l'impact a provoqué le déchirement partiel du dernier wagon, rendant l'accès aux victimes particulièrement difficile pour les équipes de secours.
Le PDG de KAI, Bobby Rasyidin, a rapidement pris la parole pour expliquer la chaîne d'événements. Selon lui, le taxi immobilisé sur le passage à niveau non sécurisé a déclenché une perturbation dans le système de signalisation ferroviaire, contraignant le train de banlieue à s'arrêter sur la voie principale. Le train grandes lignes, qui circulait juste derrière, n'a alors pas eu le temps de freiner.
L'enquête a été officiellement confiée au National Transportation Safety Committee, le Comité national de sécurité des transports indonésien. La police de Jakarta, sous la direction du chef Asep Edi Suheri, mène en parallèle ses propres investigations pour déterminer les responsabilités pénales.
Prabowo Subianto exige des mesures d'urgence
Le président indonésien Prabowo Subianto s'est rendu au chevet des blessés dès le mardi matin 28 avril. Sa visite a été accompagnée d'annonces fermes sur la sécurité ferroviaire nationale.
Prabowo Subianto a ordonné en urgence la construction de passerelles routières au-dessus des passages à niveau non gardés sur l'ensemble du réseau ferroviaire indonésien. Cette mesure vise directement à empêcher qu'un véhicule coincé sur une voie puisse à nouveau provoquer ce type de catastrophe en chaîne.
La décision intervient dans un contexte où l'Indonésie est régulièrement confrontée à des incidents ferroviaires liés à des infrastructures vieillissantes et à des passages à niveau insuffisamment sécurisés, en particulier sur l'île de Java où la densité de population et de trafic est la plus forte du pays. Le réseau ferroviaire indonésien, concentré principalement sur Java et quelques lignes à Sumatra, souffre depuis des années d'un sous-investissement chronique dans la sécurité des croisements routiers.
La catastrophe de Bekasi Timur relance avec force le débat sur la modernisation du réseau ferroviaire dans l'archipel, qui compte plus de 270 millions d'habitants et où le train reste un moyen de transport essentiel pour des millions de travailleurs quotidiens.
---
Source: Midi Libre