Une victime hospitalisée, sous pression pour ne rien dire
À son arrivée à la clinique, elle refusait de parler. Un témoin a révélé aux policiers alertés par l'établissement qu'elle subissait la pression de la famille de son mari pour ne pas déposer plainte. Ce n'est qu'à l'audience qu'elle a finalement décidé de se constituer partie civile, annoncé par son avocate, Me Joëlle Glock.
Le mari, Amer, a été interpellé à proximité de la clinique peu après les faits. Lors de l'audience de comparution immédiate, il contestait une partie des faits, demandant "un délai" pour préparer sa défense avec son avocate, Me Emmanuelle Franck.
Un homme déjà condamné, avec de graves problèmes d'alcool
Amer, technicien de 33 ans, n'en est pas à sa première affaire judiciaire. Il a déjà été condamné il y a moins de deux ans. Il souffre par ailleurs de sévères problèmes d'alcool, reconnus lors de l'audience.
La présidente du tribunal, Inès Desroches, lui a rappelé qu'il avait écopé de six mois de suspension de permis pour alcool au volant et qu'il n'avait jamais honoré son rendez-vous avec un addictologue, invoquant ses obligations professionnelles. "À cause du travail. C'est important de travailler", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il était "un bon père" pour leurs deux enfants.
Le couple est marié depuis 2018. La violence semble, selon les éléments du dossier, relever d'un quotidien installé depuis plusieurs années. Une procédure de divorce est par ailleurs en cours.
Incarcéré, il sera jugé fin juin
Le procureur s'est opposé fermement à tout contrôle judiciaire, invoquant "le risque de réitération des faits". La défense a plaidé pour une mesure alternative, soulignant qu'Amer disposait d'un logement chez sa mère et qu'il était important de lui permettre de conserver son emploi. Me Emmanuelle Franck a mis en garde: "Sans travail, le risque de couper court à sa réinsertion et de relancer sa consommation d'alcool est réel."
Le tribunal n'a pas suivi cet argument. Amer a été placé en détention provisoire à l'issue de sa garde à vue. Son procès est fixé à fin juin devant le tribunal correctionnel de Toulouse.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte national préoccupant. En France, les violences physiques au sein du couple constituent l'une des premières causes d'hospitalisation des femmes victimes de crimes et délits. Selon les données de l'Assemblée nationale, 91 % des victimes majeures de violences sexuelles enregistrées en France sont des femmes. Les associations rappellent que le numéro d'écoute national, le 3919, est accessible gratuitement, 24 heures sur 24, pour toute personne concernée par des violences conjugales.
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Source: La Dépêche