Des cris et des détonations qui alertent tout le voisinage
L'alerte est prise très au sérieux par les forces de l'ordre. La situation semble suffisamment grave pour déclencher une réponse de grande envergure.
Agents encagoulés, tronçonneuse et hélicoptère : l'arsenal du maintien de l'ordre déployé
L'Essex Police engage aussitôt ses unités d'intervention spécialisée. Des agents lourdement armés et cagoulés convergent vers le bâtiment. L'un d'eux est équipé d'une tronçonneuse, outil utilisé en dernier recours pour forcer des portes renforcées. Un hélicoptère médical de l'Essex & Herts Air Ambulance est également dépêché sur les lieux, en soutien à l'opération.
C'est au moment où la brigade s'apprête à donner l'assaut que la méprise devient évidente. Les sons de tirs, les cris de douleur, les dialogues dramatiques : tout provenait de la bande-son de Call of Duty, un jeu de tir à la première personne aux effets sonores particulièrement réalistes, diffusé à plein volume dans l'appartement ciblé.
Après vérification, les agents s'assurent que le joueur ne détient aucune arme réelle. La brigade se replie sans procéder à aucune interpellation.
Call of Duty et ses effets sonores, une source de confusion croissante
L'affaire illustre à quel point les studios de développement de jeux vidéo ont atteint un niveau de réalisme sonore poussé à l'extrême. Call of Duty, édité par Activision, est l'une des franchises de jeux de tir les plus vendues au monde, avec plusieurs centaines de millions d'exemplaires écoulés depuis ses débuts en 2003. Ses effets sonores, codéveloppés avec des armées réelles dans certains volets, sont conçus pour immerger totalement le joueur.
Au Royaume-Uni, les faux appels d'urgence ou les signalements qui mobilisent des unités spécialisées pour rien constituent une pression réelle sur les forces de l'ordre. Le phénomène du "swatting", qui consiste à envoyer volontairement des unités armées chez quelqu'un en passant un faux appel d'urgence, est classifié comme une infraction pénale en droit britannique, passible de poursuites pour entrave à la justice ou perturbation de l'ordre public. Dans ce cas précis, aucune mauvaise intention n'a été retenue contre les voisins qui ont alerté la police : ils ont réagi de bonne foi face à des sons particulièrement trompeurs.
Quant au gamer de Southend-on-Sea, lui qui voulait vivre des scènes d'action intenses depuis son canapé a finalement été servi, avec une brigade d'intervention en prime. Il s'en tire sans poursuites, mais avec une frayeur mémorable et, sans doute, l'envie de baisser le volume à l'avenir.
Source: Le Progrès