Un coup de feu mortel dans une épicerie de quartier
Cinq personnes ont été interpellées dans les heures qui ont suivi. Parmi elles, deux mineurs de 12 et 15 ans présents sur place, puis deux autres jeunes de 15 et 16 ans également présents au moment des faits. Le gérant de l'épicerie attenante, un homme de 44 ans appartenant à l'environnement familial de l'un des adolescents, a été arrêté pour "détention d'arme". Aucune arme n'a été retrouvée sur les lieux.
Ce drame criminel rappelle d'autres affaires récentes marquées par la violence impliquant des mineurs, comme le meurtre de Mehdi Kessaci à Marseille ou l'homicide à Reims autour d'un simple briquet.
Un mineur de 15 ans mis en examen, la thèse de l'accident avancée
Mercredi 15 avril, le mineur de 15 ans soupçonné d'être l'auteur du tir a été présenté à un juge. Il a finalement été mis en examen pour homicide involontaire et placé sous contrôle judiciaire dans un centre éducatif. Le parquet de Lyon avait initialement requis son placement en détention provisoire.
Selon des proches de la victime cités par l'AFP, les adolescents auraient trouvé l'arme par hasard et joué avec avant que le coup parte accidentellement. "Ce ne sont pas des délinquants, ce sont de très bons amis", a déclaré Hamed Salem, ami du père de Wissem. La procureure Laetitia Francart a cependant rappelé que les circonstances "restent à déterminer" et qu'aucune version officielle ne peut être confirmée à ce stade.
L'enquête, d'abord confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Lyon, a été transférée au commissariat de Villefranche-sur-Saône. La question de l'origine de l'arme, potentiellement présente dans l'épicerie, reste centrale. Ce fait divers survient dans un contexte national préoccupant : la France compte désormais 87 126 détenus dans ses prisons, un record absolu qui illustre la pression croissante sur le système judiciaire.
Un quartier sous le choc
Une soixantaine de personnes, majoritairement des jeunes, se sont réunies mardi soir dans un complexe sportif du quartier pour rendre hommage à Wissem, loin des caméras. "Ce qui m'énerve, c'est qu'on dise que ça s'est passé à côté d'un point de deal", a confié un habitant, refusant l'amalgame. Abdelkader Bouterfas, secrétaire de la mosquée de Belleroche, a lui interpellé: "Vous trouvez cela normal qu'on trouve une arme dans un magasin ? C'est choquant."
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour assassinat, même si la piste accidentelle reste la plus évoquée localement. La mort de Wissem soulève une question qui dépasse Villefranche-sur-Saône : comment une arme à feu s'est-elle retrouvée à portée de mains d'enfants de 12 et 13 ans, en pleine journée, dans un centre commercial de quartier ?