Un double féminicide en plein après-midi
Alertés par des témoins dont une tante présente sur place, les gendarmes ont rapidement bouclé le secteur. Une centaine d'hommes ont été déployés, dont des éléments du GIGN et du PSIG, avec l'appui d'un drone pour localiser le suspect. Ils l'ont retrouvé à son propre domicile, grièvement blessé par balle au thorax. Il a été héliporté au CHU de Poitiers, où il est mort en soirée.
Une main courante déposée six semaines plus tôt
L'enquête, confiée au parquet de Poitiers, révèle un contexte de jalousie et d'insistance. L'homme était l'ex-compagnon de la cadette des deux victimes. Leur relation avait pris fin en décembre 2023, sans vie commune. Ils avaient renoué un contact amical en octobre 2025, mais la situation s'était dégradée quand la jeune femme avait trouvé un nouveau partenaire.
Le 25 février 2026, soit moins de deux mois avant le drame, la victime avait déposé une main courante à la gendarmerie pour signaler l'insistance de son ex-conjoint. Les gendarmes l'avaient alors convoqué et averti de cesser tout contact. Aucun des protagonistes n'avait d'antécédent judiciaire, et le suspect n'était pas connu comme détenteur légal d'arme à feu. Comme dans d'autres affaires criminelles récentes, c'est la soudaineté du passage à l'acte qui a frappé les enquêteurs.
Un féminicide qui relance le débat sur la protection des victimes
Ce double meurtre s'inscrit dans une réalité alarmante. En 2024, 107 femmes avaient été tuées en France par leur conjoint ou ex-conjoint, contre 96 en 2023, selon la Mission interministérielle pour la protection des femmes. La main courante déposée par la victime, sans suite judiciaire contraignante, pose une nouvelle fois la question de l'efficacité des outils de protection existants.
Ce drame fait écho à d'autres affaires violentes qui secouent régulièrement l'actualité, comme le meurtre de Mehdi Kessaci à Marseille ou encore la découverte macabre d'un squelette féminin à Toulouse, illustrant la diversité et la gravité des violences faites aux femmes en France. Le maire de Montmorillon avait initialement, et à tort, décrit les victimes comme des jumelles. Les investigations se poursuivent pour établir précisément les circonstances du drame et déterminer comment le suspect s'était procuré l'arme utilisée.