Un recrutement dissimulé derrière un emoji rose
Les proxénètes y publient des centaines de vidéos : visites d'appartements Airbnb où se déroulent les passes, promesses de voyages et de shopping « all inclusive », blagues obscènes. La cible principale : les jeunes filles mineures, très présentes sur la plateforme.
Des mineures directement approchées
Pour infiltrer ces réseaux, les journalistes du Parisien ont créé deux faux profils, Maria et Emma, présentées comme ayant 16 et 17 ans. Après avoir « liké » quelques vidéos suspectes, les contacts arrivent rapidement en messages privés : « Salut, tu veux bosser ? », « Coucou, ça va ? », « Salam ma belle ».
L'âge des fausses adolescentes ne constitue aucun obstacle pour ces recruteurs. L'un d'eux confie avoir « déjà travaillé avec une fille de 17 ans ». Un autre, qui regrette que Maria n'ait que 16 ans, propose quand même de faire une exception si elle « n'est pas une enfant » et qu'elle « fait les choses carrées ».
Le fonctionnement du réseau est alors clairement exposé : « Je réponds aux clients, toi t'as juste à les recevoir, t'as juste à te les faire, tu vois ce que ça veut dire », détaille un rabatteur. Il précise ensuite les conditions financières : « Je te prends un appartement, et ça fait moitié-moitié, ça fait 50/50. » Un autre proxénète réclame directement des photos dénudées pour alimenter des annonces sur des sites d'escortes comme Sexmodels.
Un phénomène criminel en forte progression
En France, le proxénétisme en ligne constitue désormais un crime majeur qui prend de l'ampleur. Selon Pharos, la plateforme de signalement du ministère de l'Intérieur, environ 15 000 comptes TikTok ont été signalés ou supprimés pour liens avec la prostitution en 2025, un chiffre en hausse de 50 % au premier trimestre 2026. Les mineures représentent 70 % des victimes identifiées parmi les 1 200 recensées en 2025.
Les proxénètes actifs sur la plateforme utilisent les mêmes promesses que dans leurs vidéos : virées en jet ski, chambres de luxe, bonbonnes de protoxyde d'azote. Une rhétorique qualifiée de « propagande » par les journalistes ayant mené l'enquête. Pour signaler un contenu suspect ou une situation de danger, le numéro 119 reste disponible en France pour les mineurs en danger.
Source: Le Parisien