Une opération de surveillance qui mène à un appartement chargé de drogues
Lundi 20 avril, une brigade de la police nationale se rend sur place. Des chiens spécialisés dans la recherche de stupéfiants procèdent d'abord au marquage du logement, confirmant la présence de drogues. Les agents interviennent alors à l'intérieur.
La saisie est significative : plusieurs kilos de produits stupéfiants sont découverts, parmi lesquels du cannabis, de l'ecstasy et d'autres drogues de synthèse. De l'argent en liquide est également retrouvé sur place.
La femme reconnaît son rôle de « nourrice »
La femme occupant l'appartement est rapidement interpellée et placée en garde à vue. Face aux enquêteurs, elle reconnaît tenir le rôle de « nourrice ».
Ce terme désigne, dans le milieu du trafic de stupéfiants, une personne chargée de stocker les drogues destinées à la vente pour le compte de trafiquants, en échange d'une rémunération. Ce maillon de la chaîne est considéré comme une pièce essentielle du dispositif de revente.
La suspecte est déférée au parquet de Cergy-Pontoise le jeudi 23 avril, soit trois jours après son interpellation. Les suites judiciaires de l'affaire seront décidées par les magistrats saisis du dossier.
Le « rôle de nourrice », un phénomène connu des tribunaux
Cette affaire n'est pas un cas isolé dans la région. Dans une affaire similaire à Corbeil-Essonnes, en Essonne, un couple de retraités avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour avoir joué le même rôle de stockeur pour des trafiquants de leur quartier.
Le recours à des tiers pour garder la marchandise est une pratique répandue dans les réseaux de trafic de stupéfiants. Elle permet aux têtes du réseau de distancer la drogue des revendeurs directs, réduisant leur exposition aux contrôles policiers.
En France, le stockage de stupéfiants pour le compte d'un réseau expose à des peines pouvant aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 750 000 euros d'amende au titre de la détention en vue de la vente, selon les dispositions du Code pénal. La qualification d'association de malfaiteurs peut alourdir encore les sanctions.
Le Val-d'Oise figure parmi les départements franciliens régulièrement touchés par ce type de trafic, en raison notamment de sa position géographique à la jonction de plusieurs axes routiers majeurs reliant Paris aux régions du nord et du nord-ouest de la France.
---
Source: Le Parisien