La polémique du désarmement qui pousse les agents à partir
Le maire a tenté de calmer le jeu mercredi 15 avril, en rappelant que ses agents resteraient armés. Mais la fuite, elle, est déjà amorcée. Plusieurs maires de communes voisines avaient publiquement proposé aux policiers municipaux dionysiens de les rejoindre, voyant là une opportunité de renforcer leurs effectifs.
Herblay-sur-Seine, première ville à concrétiser le recrutement
C'est à Herblay-sur-Seine, ville de 32 000 habitants dans le Val-d'Oise, qu'une première policière municipale de Saint-Denis a officiellement rejoint ses rangs il y a quelques jours. La commune dispose d'une police municipale d'environ quarante agents. La distance entre les deux villes est d'à peine 15 kilomètres.
Le maire de Saint-Denis reconnaît pour l'heure deux départs effectifs. Mais le chiffre qui inquiète davantage les élus et les syndicats, c'est celui des demandes de mutation en cours, qui se compteraient en plusieurs dizaines. Franconville figure également parmi les communes du Val-d'Oise ayant manifesté leur intérêt pour accueillir ces agents.
Il est encore trop tôt pour mesurer l'ampleur réelle des départs. Mais le signal envoyé est fort : dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes, comme en témoignent l'agression au couteau dans un tramway Porte de la Chapelle à Paris ou le meurtre de Mehdi Kessaci à Marseille lié au narcotrafic, les agents de police municipale ne sont pas prêts à exercer sans leurs équipements de défense.
Des dizaines de mutations potentielles dans la balance
La question qui se pose désormais est celle de l'impact sur la sécurité de Saint-Denis si les mutations se confirment en masse. La ville est l'une des communes les plus densément peuplées de Seine-Saint-Denis, avec des besoins sécuritaires importants.
Les syndicats de police municipale avaient été parmi les premiers à dénoncer la décision du maire, estimant qu'elle exposait dangereusement leurs collègues sur le terrain. Les LBD sont considérés comme des outils essentiels de maintien de l'ordre à distance, permettant d'éviter le contact physique dans des situations tendues.
La décision de Bally Bagayoko s'inscrit dans un débat plus large sur l'armement des polices municipales en France. Elle intervient dans un contexte où les questions de sécurité publique alimentent régulièrement les faits divers, et où des drames comme celui de Reims rappellent la réalité des interventions quotidiennes des forces de l'ordre. Les prochaines semaines diront si l'hémorragie de personnel peut encore être enrayée à Saint-Denis.