Un obus dans le train, puis au commissariat
Dès son arrivée, les policiers ont déclenché la procédure d'urgence. Le commissariat a été évacué et un périmètre de sécurité a été déployé dans la rue. Les équipes de déminage du Laboratoire central de la préfecture de police se sont rendues sur place pour s'assurer que l'engin ne présentait aucun danger immédiat.
Des riverains confinés une trentaine de minutes
L'intervention n'est pas passée inaperçue dans le quartier. Le gérant d'un tabac voisin n'a pas pu accéder à son commerce pendant toute la durée de l'opération. "Les policiers ont dit qu'un gars était venu déposer cet obus directement au commissariat. C'est quand même fou", a-t-il réagi.
Dans un établissement proche, des clients ont dû se confiner pendant une bonne trentaine de minutes, le temps que les démineurs sécurisent la situation. Ces faits divers parisiens illustrent une fois de plus les risques liés aux découvertes d'engins de guerre oubliés, encore nombreux en France.
Ce type d'incident n'est pas une première dans la capitale. L'année dernière, un homme s'était déjà présenté de la même façon au commissariat du XVe arrondissement, rue de Vaugirard, avec un objet similaire. Il s'agissait finalement d'une bombe neutralisée de décoration. Le maire du XVe, Philippe Goujon, avait alors indiqué que la rue avait été coupée "quelques instants". Une situation qui rappelle aussi, dans un autre registre, l'attentat déjoué à Paris où un engin explosif avait été déposé devant la Bank of America, mobilisant également les équipes de déminage.
Des découvertes d'engins de guerre encore fréquentes
La Normandie, théâtre de combats intenses lors du Débarquement de juin 1944, reste l'une des régions françaises où les découvertes d'obus de la Seconde Guerre mondiale sont les plus fréquentes. Ce dimanche 19 avril, les démineurs ont d'ailleurs fait exploser un engin de 225 kg à Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Cet obus, découvert le 10 avril par des ouvriers sur un chantier, remontait aux bombardements de 39-45.
Les autorités rappellent régulièrement la marche à suivre en cas de découverte d'un tel engin : ne pas le déplacer et contacter immédiatement les forces de l'ordre ou le 15, le 17 ou le 18. Transporter un obus dans un train bondé, puis à travers les rues de Paris, expose en effet à des risques considérables, pour soi comme pour les autres. La semaine dernière à Paris, les services d'urgence étaient déjà mobilisés pour une agression au couteau dans un tramway Porte de la Chapelle, rappelant que les transports en commun parisiens restent un terrain de vigilance permanent pour les forces de l'ordre.