Un adolescent fasciné par l'idéologie incel
Ce type de radicalisation en ligne, nourri par des forums et réseaux sociaux promouvant la haine des femmes, constitue un signal d'alarme que les autorités turques n'avaient pas anticipé. Le tireur a trouvé la mort sur place après la fusillade.
162 arrestations et des milliers d'enseignants dans la rue
Au lendemain du drame, la réponse des autorités a été immédiate. Le ministre turc de la Justice, Akin Gurlek, a annoncé que 162 personnes avaient été interpellées à travers le pays, et que plus de 1 000 comptes de réseaux sociaux avaient été bloqués. Ces comptes étaient accusés d'avoir "diffusé des contenus susceptibles de semer la peur, l'anxiété et la panique au sein de la population" et d'avoir fait "l'apologie du crime et des criminels", a-t-il précisé sur le réseau social X.
La colère gronde aussi dans les rangs de l'enseignement. Plus de 3 500 enseignants turcs ont manifesté ce jeudi 16 avril à Ankara, à l'appel de plusieurs syndicats, pour exiger la démission du ministre de l'Education. "Des taches de sang sur mon métier" ou encore "Où étiez-vous quand nos enfants étaient en train de mourir ?", ont scandé les manifestants.
Deux fusillades en quelques jours, un pays sous le choc
La tuerie de Kahramanmaras n'est pas un incident isolé. Quelques jours plus tôt, une autre fusillade avait fait seize blessés dans un lycée situé environ 200 kilomètres plus à l'est, faisant de cette semaine l'une des plus meurtrières de l'histoire scolaire turque. Ce type de violence armée en milieu scolaire reste pourtant rare dans le pays.
Ces drames surviennent dans un contexte de tensions sociales croissantes et interrogent la société turque sur la radicalisation des jeunes en ligne. Comme on a pu le constater en France avec l'affaire de l'attentat déjoué à Paris où des mineurs avaient été recrutés via Snapchat, les plateformes numériques jouent un rôle croissant dans l'embrigadement des adolescents. En Turquie, la question de la régulation d'internet et des contenus haineux revient désormais au centre du débat public, à mesure que les investigations du parquet progressent sur les motivations profondes du tireur de 14 ans.
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