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Tarn-et-Garonne : le parquet fait appel de la condamnation à 25 ans d'un père de famille pour un féminicide jugé trop clément
Tarn-et-Garonne : le parquet fait appel de la condamnation à 25 ans d'un père de famille pour un féminicide jugé trop clément
Crime

Tarn-et-Garonne : le parquet fait appel de la condamnation à 25 ans d'un père de famille pour un féminicide jugé trop clément

Sébastien Bettencourt, électricien-chauffagiste de 41 ans, a violé, poignardé et étranglé son épouse Isabelle Gabens, 36 ans, dans la nuit du 13 mars 2023 à leur domicile de Lamothe-Capdeville, en Tarn-et-Garonne. Le couple avait cinq filles ensemble, âgées de 7 à 17 ans au moment des faits.

Par actu1.com
Le 16/04/2026 à 09h06 · 2 min de lecture

Un crime d'une violence extrême au domicile familial

Après le crime, l'accusé a pris la fuite en pleine nuit, laissant ses enfants découvrir le corps de leur mère le lendemain matin. L'avocat général Bruno Sauvage a décrit une scène d'une violence sans précédent en 35 ans de carrière.

Un verdict jugé insuffisant par le parquet et la famille

Le procès s'est tenu du 8 au 13 avril 2026 devant la cour d'assises du Tarn-et-Garonne à Montauban. Bettencourt a reconnu les faits dès l'ouverture des débats, tout en affirmant ne plus se souvenir de certains actes commis, notamment le viol avec le poing ou la recherche du couteau.

Le ministère public avait requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 22 ans de période de sûreté. La cour a finalement prononcé 25 ans de réclusion pour meurtre avec actes de torture et de barbarie, sans période de sûreté, auxquels s'ajoutent 7 ans de suivi socio-judiciaire avec obligation de soins.

Dès le 15 avril 2026, l'avocat général Bruno Sauvage a annoncé l'appel du parquet de Montauban, estimant la peine trop clémente au regard de la nature des actes. La famille de la victime, représentée par Me Fabien Arakelian, s'est dite "révoltée" par un verdict qu'elle juge disproportionné face à un crime qualifié d'"inhumain". Le père d'Isabelle, Alain Gabens, a publiquement dénoncé l'absence de période de sûreté. Ce type d'affaire, à l'image d'autres faits divers criminels jugés devant les cours d'assises françaises, illustre la tension persistante entre les verdicts rendus et les attentes des familles de victimes.

Un nouveau procès à venir devant la cour d'appel

L'affaire sera rejugée devant une cour d'assises d'appel, vraisemblablement celle de Toulouse, compétente pour le ressort judiciaire du Tarn-et-Garonne. Aucune date n'a encore été fixée pour cette nouvelle audience.

Ce dossier illustre un débat récurrent sur les peines prononcées en matière de féminicide en France. Dans un contexte de surpopulation carcérale record avec 87 126 détenus recensés au 1er mars 2026, les juridictions sont régulièrement confrontées à des arbitrages complexes entre sévérité de la peine et réalités pénitentiaires. Les cinq filles du couple, désormais orphelines de mère, sont au coeur des préoccupations de la famille maternelle qui attend du prochain procès une peine à la hauteur des souffrances endurées. La cour d'assises d'appel sera également appelée à se prononcer sur la question de la période de sûreté, absente du premier verdict et vivement contestée par le parquet. L'issue de cette procédure pourrait établir un précédent dans le traitement judiciaire des affaires criminelles les plus violentes soumises aux cours d'assises françaises.

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