"J'étais en train de crever dans ma salle de bains"
"J'ai expliqué ma situation, qu'il y avait un risque de grossesse extra-utérine et que j'avais un suivi toutes les 48 heures", raconte-t-elle à Midi Libre. Le médecin lui répond alors : "Je n'ai personne qui va à Sète." Aucune ambulance n'est envoyée.
C'est finalement sa mère qui arrive une trentaine de minutes plus tard. Elle l'aide à descendre de chez elle et la conduit en urgence à l'hôpital de Sète.
Une opération en urgence, 2,5 litres de sang perdus
Sur place, Marie perd connaissance. Les médecins constatent que l'une de ses trompes s'est rompue. Ils procèdent à son ablation au cours d'une opération réalisée dans la nuit. Elle perd au total 2,5 litres de sang et est transfusée cinq fois.
"On m'a transfusée cinq fois et je n'ai pas encore totalement récupéré", témoigne-t-elle, plus de quinze jours après les faits. Elle ajoute : "C'est dur de se dire qu'on a perdu une partie de son corps. J'ai failli mourir en fait." Depuis, elle peine à manger et à dormir.
Marie salue le travail du personnel de la maternité de Sète, tout en estimant que si les secours étaient intervenus plus tôt, les dégâts auraient été moins graves. Ce type d'affaire rappelle d'autres faits divers marquants, comme le drame de Reims où un homme a perdu la vie après un délai d'intervention fatidique, soulevant à chaque fois la question de la réactivité des services d'urgence.
Le CHU de Montpellier ouvre une enquête interne
Contacté par France 3, le CHU de Montpellier, en charge du Samu concerné, n'a pas souhaité commenter les faits en détail. L'établissement invoque "les obligations strictes de confidentialité et de secret médical, garantes du respect de la vie privée de ses usagers". Il précise cependant qu'"une analyse approfondie est en cours avec les équipes concernées".
Marie, elle, n'a pas encore décidé si elle engagerait des poursuites judiciaires. Son témoignage relance un débat récurrent sur la saturation et les limites du Samu en France, sujet qui rejoint d'autres problématiques liées aux institutions, comme la surpopulation carcérale et les dysfonctionnements des services publics régulièrement pointés du doigt. Son cas, relayé par Midi Libre et France 3, a suscité une vive émotion en Hérault et au-delà.