Un guet-apens sur l'A11, en plein cœur de la Sarthe
C'est sur l'aire de repos de La Ferté-Bernard que le plan bascule. Une quarantaine de membres des Parias Cohortis, abrégés PC, s'en prennent au bus des Urban Paris, le groupe UP. Fumigènes, gaz lacrymogènes et projectiles sont utilisés dans ce qui s'apparente à un guet-apens soigneusement organisé. Les vitres du bus sont brisées, la porte endommagée.
Les occupants du bus UP, parmi lesquels se trouvaient des femmes et des enfants, choisissent de ne pas riposter. L'attaque ne fait pas de blessé grave selon les premières informations, mais les dégâts matériels sont réels. La direction du CUP prend alors une décision radicale : annuler l'ensemble du déplacement et faire demi-tour vers Paris.
Trois rounds pour comprendre : de Munich à la fracture interne
Pour comprendre les origines de ce crime ultras, il faut remonter au 31 mai 2025, jour de la victoire historique du PSG face au Bayern Munich à l'Allianz Arena. Ce soir-là, le PSG remporte sa première Ligue des champions, une nuit d'euphorie qui va pourtant semer les germes d'un conflit durable entre factions du même camp.
Selon le site Parisfans.fr, des tensions internes ont fracturé les tribunes parisiennes dans les mois qui ont suivi cette finale. Un premier incident, survenu environ deux mois avant la bagarre de l'A11, aurait constitué le déclencheur direct. Les Parias Cohortis, estimant avoir un compte à régler avec les Urban Paris, ont organisé leur riposte sur l'autoroute en profitant d'un déplacement collectif pour tendre leur piège.
C'est ce que les médias spécialisés décrivent désormais comme une bagarre en "trois rounds" : une première altercation à Munich lors de la finale, une seconde incident deux mois plus tôt, et cette attaque du 25 avril sur l'A11 comme troisième et dernier acte pour l'heure.
Un parcage visiteur vide, un PSG vainqueur malgré tout
Les conséquences sportives sont immédiates et visibles. Sur les 800 supporters partis de Paris, seuls 300 environ arrivent finalement à Angers. Le parcage visiteur du stade Raymond-Kopa se retrouve quasi vide, dans un silence inhabituel pour un match du leader de Ligue 1.
Le PSG s'impose pourtant 3 à 0, sans avoir besoin du soutien de ses tribunes pour décrocher les trois points. Mais l'image laissée ce samedi soir dépasse largement le score du match.
Ce type de violence interne n'est pas sans précédent dans l'histoire du mouvement ultra parisien. Selon des données compilées sur la saison 2025-2026, le CUP et ses groupes affiliés ont été impliqués dans au moins 22 incidents depuis le début de l'exercice, entraînant plusieurs fermetures partielles ou totales du Parc des Princes. Depuis 2010, les groupes ultras du PSG totalisent plusieurs centaines d'arrestations et plusieurs millions d'euros de sanctions infligées au club par la Ligue et la FFF.
La question des suites judiciaires reste ouverte. Aucune arrestation n'a été annoncée dans l'immédiat par les autorités, mais l'attaque filmée et les dommages matériels constatés laissent peu de doute sur l'ouverture prochaine d'une enquête. Le ministre de l'Intérieur et les instances du football professionnel n'ont pas encore réagi publiquement à l'heure où ces lignes sont écrites.
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Source: Le Parisien