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Recruté sur Telegram, il stockait 7 kg de cannabis chez sa mère

Tout commence par une opération distincte. Des policiers du SIPJ (Service interdépartemental de la police judiciaire) se rendent lundi 13 avril au domicile familial de Dylan (le prénom a été modifié) dans le cadre d'une affaire de vol en bande organisée.

Par actu1.com Le 16/04/2026 · 2 min de lecture
Recruté sur Telegram, il stockait 7 kg de cannabis chez sa mère
Recruté sur Telegram, il stockait 7 kg de cannabis chez sa mère

Une découverte fortuite au fil d'une autre enquête

C'est le premier passage de ce jeune homme de 24 ans, sans casier judiciaire, devant un tribunal correctionnel. Une affaire de faits divers en France qui illustre une tendance inquiétante : le recrutement de profils sans antécédents par des réseaux criminels via des plateformes numériques, comme on a pu le voir dans le cas de mineurs recrutés via Snapchat pour un attentat déjoué à Paris.

« Telegram ? Ce n'est pas France Travail ! »

Devant la présidente Cécile Lemoine, Dylan tente de minimiser sa part de responsabilité. « À part dans les films, je n'ai jamais vu de drogue. On m'a demandé de garder un sac chez moi, en échange de 150 euros. Je ne savais pas ce qu'il y avait dedans. Je pensais que c'était du CBD », explique-t-il.

Il reconnaît s'être tourné vers Telegram pour trouver de l'argent facile. « Je cherchais à gagner de l'argent. Je suis allé sur l'application Telegram. Je discutais avec des gens sur un groupe qui s'appelait sous faciles », détaille-t-il. La magistrate ne cache pas sa stupeur : « Telegram ? Quelle drôle de démarche. Ce n'est pas France Travail ! »

Visiblement ébranlé, Dylan fond en larmes à l'audience, entouré de toute sa famille. « J'ai honte », lâche-t-il, la voix brisée. La présidente lui apprend également qu'il encourt jusqu'à dix ans de prison pour détention et emploi de stupéfiants, et que le propriétaire de la drogue pourrait désormais le considérer comme redevable. « Je ne dois rien à personne », répond Dylan, manifestement surpris. Ce mécanisme de dette imposée par les trafiquants à leurs intermédiaires est un ressort classique des réseaux de narcotrafic, comme l'illustre l'affaire Mehdi Kessaci à Marseille, tué en pleine rue pour servir d'avertissement.

Deux ans de prison requis, dont un an ferme

La substitute du procureur, Myriam Khouas, n'a pas fait dans la demi-mesure. Elle requiert deux ans de prison, dont un an ferme à effectuer sous bracelet électronique. « Sept kilos de stupéfiants, ce n'est pas rien. Pour une première entrée dans la délinquance, le prévenu frappe fort », résume-t-elle.

La peine prononcée par le tribunal correctionnel de Meaux le mercredi 15 avril sanctionne un engrenage malheureusement devenu banal : un jeune sans emploi, attirée par une promesse d'argent rapide sur une messagerie chiffrée, se retrouve malgré lui au cœur d'un réseau de trafic de stupéfiants. Dans un contexte de surpopulation carcérale record en France, la justice cherche à articuler fermeté et alternatives à l'incarcération, d'où le recours au bracelet électronique pour purger la part ferme de la peine.

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