Un crime dénoncé devant la justice
"Sous la menace constante de perdre leur compte et donc leur seul revenu", résume l'avocat. Il pointe également le rôle des algorithmes des plateformes, qui exploitent selon lui la vulnérabilité des travailleurs de manière systématique.
Des travailleurs pris au piège
Me Laforcade formule une conclusion sans ambiguïté : "À partir du moment où le système économique est allé jusqu'à piocher dans une main-d'œuvre qui n'a pas d'autre choix que d'accepter des conditions que tout autre être humain ne pourrait pas accepter, seule la justice peut y mettre un terme."
Le profil des livreurs concernés est décrit par Circé Liénart, coordinatrice de la Maison des coursiers de Paris, dans le 10e arrondissement. Elle évoque "une population à majorité étrangère, souvent sans-papiers, ou avec des titres de séjour de courte durée". Chaque jour, des dizaines de livreurs s'y arrêtent pour se faire aider dans leurs démarches administratives, consulter une infirmière ou simplement faire une pause. Ils y témoignent du cercle vicieux dans lequel les plongent ces plateformes, qui en profitent pour leur imposer des courses très mal rémunérées.
Une double offensive judiciaire
En parallèle de la plainte au pénal, Me Thibault Laforcade engage également une action de groupe pour discrimination devant la justice civile. Cette démarche est elle aussi inédite. L'avocat espère qu'à son terme, chaque livreur concerné sera indemnisé pour les préjudices subis au quotidien.
Cette double procédure marque une escalade dans la contestation du statut d'indépendant imposé par les grandes plateformes de livraison. Deliveroo et Uber n'ont pas encore réagi publiquement à ces accusations.
Source: franceinfo.fr