Une nuit de fusillades sur trois communes de la banlieue lyonnaise
Aucun blessé n'est à déplorer lors de ces incidents nocturnes, mais des projectiles ont traversé des appartements en présence d'occupants, selon le syndicat Alliance Police Nationale région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le vendredi 24 avril au soir, la situation avait déjà dégénéré à Décines-Charpieu. Une femme qui rentrait chez elle avec ses deux enfants avait été atteinte au mollet par une balle perdue, lors de tirs visant cinq voitures en stationnement. Un mineur a également été blessé lors de cet incident.
Un suspect arrêté en flagrant délit après une course-poursuite
C'est à Villeurbanne que les forces de l'ordre ont réagi avec le plus de rapidité. Des policiers de la Brigade anti-criminalité ont repéré un individu qui prenait la fuite en trottinette après les tirs. À l'issue d'une course-poursuite, l'homme a été interpellé et une arme longue a été saisie sur lui.
"Les policiers de la brigade anti-criminalité ont interpellé en flagrant délit un individu suspecté d'avoir participé à des tirs d'intimidation", a écrit sur X la préfète du Rhône Fabienne Buccio, saluant le "sang-froid et la réactivité" de ces fonctionnaires.
Le mode opératoire décrit par Alliance Police Nationale est qualifié de "préoccupant": des "tirs répétés sur des façades d'immeubles et des entrées d'habitations, exposant directement les riverains". Face à la répétition de ces faits, le syndicat réclame au ministre de l'Intérieur des "renforts pérennes".
Un contexte de violence en escalade depuis plusieurs semaines
Ces incidents s'inscrivent dans une spirale de violences liées au narcotrafic dans l'agglomération lyonnaise. Il y a dix jours, La Poste avait suspendu les tournées de ses facteurs dans plusieurs rues de Vénissieux après une série de fusillades à proximité de points de deal.
Avant ce week-end, trois tentatives d'homicide avaient été commises dans ces quartiers en l'espace de quelques jours seulement, dont une en plein jour le samedi 11 avril. Ce contexte régional s'inscrit dans une tendance nationale préoccupante: en 2023, plus de 150 personnes avaient été tuées en France dans des règlements de comptes liés à la drogue, dont 49 à Marseille.
Alliance Police Nationale tire la sonnette d'alarme face à l'"insuffisance des ressources humaines" et à l'absence de solutions durables. Des renforts, dont un possible déploiement de CRS, sont attendus ou déjà en cours de mise en place dans les quartiers concernés.
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Source: BFMTV