Une mise en cause par Moscou que Durov dit rejeter
Durov, qui a quitté la Russie il y a plusieurs années après avoir cédé VKontakte sous pression des autorités, a toujours rejeté toute forme de coopération avec les services de renseignement russes. Il avait déjà été arrêté en France en août 2024 dans le cadre d'une enquête sur des infractions commises via sa plateforme.
Telegram sous pression judiciaire sur plusieurs fronts
La plateforme est simultanément visée par le régulateur britannique Ofcom, comme le rapportent nos confrères de France Jeunes. L'Ofcom a ouvert une procédure officielle pour déterminer si Telegram protège suffisamment ses utilisateurs, en ciblant notamment la présence de contenus pédopornographiques (CSAM) sur la plateforme.
Telegram affirme respecter les lois en vigueur, mais le régulateur britannique juge ces réponses insuffisantes. L'Ofcom exige des preuves que la messagerie peut identifier et supprimer les réseaux de pédocriminalité utilisant ses canaux. En cas de condamnation pour négligence au titre de l'Online Safety Act 2023, Telegram risque des amendes massives ou des restrictions d'accès sur le territoire britannique.
Telegram, terrain de crimes signalés devant les tribunaux
La messagerie est régulièrement citée dans des affaires judiciaires. Selon nos confrères du Figaro, trois ans de prison avec incarcération immédiate ont ainsi été requis le jeudi 17 avril 2026 contre un détenu, Kevin M., qui avait créé depuis la prison de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, un groupe Telegram nommé «Balance ta Balance». Ce groupe, suivi par plus de 20 000 personnes, avait diffusé pendant plus d'un an les données personnelles, adresses et numéros de cellule d'une centaine de prisonniers.
Kevin M., incarcéré depuis ses 20 ans et porteur d'un casier judiciaire de 13 mentions, purge actuellement une peine de 14 ans de prison pour enlèvement et vol aggravé. À l'audience, il avait déclaré : «Les textes me font honte mais je savais que c'est ce que voulait ma communauté.»
Par ailleurs, selon nos confrères de BFMTV, le Sirasco, service de renseignement criminel de la police judiciaire, souligne dans son rapport 2026 que les messageries chiffrées sont massivement exploitées par les organisations criminelles françaises pour coordonner leurs activités, recruter des tueurs à gages adolescents et contourner les autorités. En 2025, 104 «narchomicides» ont été recensés sur le territoire national, en hausse de 28 % depuis 2021.
Source: france-jeunes.net