Trois parquets saisis, des faits qui remontent à plusieurs décennies
Au total, selon une enquête du média Mediapart, au moins huit femmes auraient témoigné de violences sexuelles de la part du chanteur. Trois d'entre elles ont franchi le pas du dépôt de plainte.
La question de la prescription au coeur du dossier
La question de la prescription est centrale dans ce dossier, comme le relève *20 Minutes*. Les faits les plus anciens, datant de 2010 ou 2012, se situent à la limite des délais légaux. En France, le délai de prescription pour les agressions sexuelles est de vingt ans à compter de la majorité de la victime pour les majeurs, et les règles évoluent selon la nature des faits. Les enquêteurs devront déterminer si les plaintes sont recevables au regard de ces délais, ce qui constitue un enjeu majeur pour la suite judiciaire de l'affaire.
Ce n'est pas la première fois que Patrick Bruel est confronté à ce type d'accusations. En 2019 déjà, deux enquêtes avaient été ouvertes à Perpignan et à Ajaccio. Elles avaient été classées sans suite par le parquet de Nanterre en décembre 2020.
La défense de Patrick Bruel et le contexte judiciaire
Par l'intermédiaire de ses avocats, Patrick Bruel dément toute « violence », « brutalité » ou « contrainte ». Ses conseils affirment que le chanteur de 66 ans n'a jamais ignoré les réticences ou refus de femmes. L'artiste n'a, à ce stade, fait l'objet d'aucune mise en examen.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de libération de la parole en France, après des années de mouvement #MeToo. Elle survient au même moment où d'autres personnalités sont également mises en cause : le chef Jean Imbert vient ainsi d'être écarté de la direction du restaurant du Plaza Athénée, visé par une enquête pour violences conjugales. Dans l'actualité récente des faits divers en France, d'autres affaires graves mobilisent aussi la justice, comme en témoigne le meurtre d'un homme pour un simple briquet à Reims ou encore l'affaire Mehdi Kessaci à Marseille. Les enquêtes visant Patrick Bruel sont pour l'heure en phase préliminaire, et aucune date d'audience n'a été fixée. La justice devra notamment se prononcer sur la recevabilité des plaintes avant tout renvoi en jugement éventuel.