Des chiffres alarmants dans les grandes villes
Les grandes villes concentrent l'essentiel des infractions, avec un taux de 6,4 outrages pour 100 000 habitants. L'agglomération parisienne affiche le taux le plus élevé du pays, à 8,5 pour 100 000 habitants. Ces chiffres proviennent du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), qui pilote l'étude.
Les transports en commun constituent un terrain particulièrement propice à ces infractions : 14 % des faits enregistrés sur le périmètre de la police nationale y ont été commis. Une réalité que l'on retrouve également dans d'autres faits divers urbains, comme cette agression au couteau dans un tramway Porte de la Chapelle à Paris, où un blessé grave a été signalé.
97 % des auteurs sont des hommes
Les données du SSMSI dressent un profil très clair des protagonistes. Sur le périmètre de la police nationale, neuf victimes sur dix sont des femmes. Les auteurs sont quasi exclusivement des hommes, à 97 %.
Parmi l'ensemble des 3 900 infractions relevées, 26 % sont qualifiées de délits en raison de circonstances aggravantes. Depuis le 1er avril 2023, l'outrage sexiste ou sexuel aggravé n'est plus une simple contravention : il constitue un délit puni d'une amende pouvant atteindre 3 750 euros, assortie de peines complémentaires comme un stage de citoyenneté ou des travaux d'intérêt général.
Ce durcissement législatif n'a donc pas suffi à enrayer la progression. La hausse de 17 % en 2025 contraste avec la baisse enregistrée en 2024, qui avait été saluée comme une première. La tendance sur le long terme reste néanmoins à la hausse depuis la création du délit en 2018.
Un contexte de violences sexistes plus large
Cette publication intervient dans un contexte où les violences faites aux femmes restent au cœur des préoccupations des forces de l'ordre. Les associations féministes pointent régulièrement l'impunité ressentie par de nombreuses victimes, qui renoncent à signaler les faits. La hausse des chiffres peut ainsi refléter à la fois une aggravation réelle des comportements et une meilleure propension à déposer plainte.
La pression sur les services de police se fait également sentir dans d'autres registres. La surpopulation carcérale, avec 87 126 détenus au 1er mars 2026, complique le traitement judiciaire de l'ensemble des infractions enregistrées en France. Par ailleurs, des violences plus graves, comme le meurtre de Mehdi Kessaci à Marseille, rappellent l'étendue des défis sécuritaires auxquels font face les autorités.
Le ministère de l'Intérieur n'a pas annoncé de mesures spécifiques à la suite de la publication de ces chiffres.
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