Un bébé de deux mois aux blessures inexpliquées
Un médecin légiste a ensuite relevé des lésions multiples sur le corps de la petite fille : une fracture de la clavicule, une fracture du fémur et une constellation d'hématomes. Ces blessures, selon les conclusions médicales, ne peuvent pas être considérées comme accidentelles.
Une ordonnance de placement a immédiatement été délivrée. Le nourrisson a été transféré à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux pour des examens complémentaires. Les gendarmes de la brigade de recherches de Villeneuve-sur-Lot et ceux de la brigade de Monflanquin ont été chargés de l'enquête.
Les parents se renvoient la responsabilité
Placés en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Monflanquin, les deux parents ont d'abord nié toute responsabilité. Ils ont affirmé avoir découvert les blessures de leur fille au réveil d'une sieste.
Leurs versions ont ensuite évolué, chacun désignant l'autre comme responsable. Selon les déclarations recueillies par les enquêteurs, la mère, née en 2000, aurait provoqué la fracture de la clavicule en habillant le bébé. Le père, né en 1987, serait quant à lui mis en cause pour la fracture du fémur lors d'une manipulation.
Ces allégations se heurtent toutefois aux conclusions du médecin légiste, qui réfute le caractère accidentel des blessures. Un écart d'âge de treize ans sépare les deux suspects, qui bénéficient de la présomption d'innocence.
Ce type d'affaire rappelle d'autres faits divers dramatiques récemment traités par la justice française, comme l'affaire de Reims où un suspect de 18 ans a été déféré pour meurtre, ou encore la mise en examen de six personnes pour le meurtre de Mehdi Kessaci à Marseille, illustrant la diversité des affaires traitées en urgence par les parquets français.
Déférement ce jeudi, la justice doit trancher
Ce jeudi 16 avril 2026, les deux parents ont été déférés devant le parquet d'Agen dans la matinée. Il appartenait au magistrat de permanence de décider des suites à donner à cette affaire, notamment sur une éventuelle mise en examen ou un placement en détention provisoire.
L'affaire met en lumière le rôle crucial des professionnels de santé dans la détection des violences infantiles. C'est bien un signalement médical qui a déclenché toute la procédure judiciaire.
La maltraitance sur nourrissons reste l'une des formes les plus graves de violence intrafamiliale, en raison de l'extrême vulnérabilité des victimes. La petite fille, placée sous protection judiciaire, est suivie à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux.