Une nuit de violence au coeur de Nancy
Un premier assaillant a proféré des insultes homophobes et transphobes avant de s'en prendre physiquement à Melvyn, projeté au sol et frappé à coups de pied et de poing au visage et aux côtes. Naomi et Saya, en tentant d'intervenir, ont elles aussi reçu des coups de poing.
Un groupe d'une quinzaine de personnes a ensuite rejoint l'altercation, aggravant la situation. Fait troublant : une seconde agression homophobe, visant un autre homme, a éclaté environ trente minutes plus tard au même endroit, potentiellement commise par les mêmes individus.
Des plaintes déposées, une enquête ouverte
Les trois victimes ont déposé plainte à l'hôtel de police de Nancy. Naomi a complété la sienne le 15 avril en y ajoutant de nouveaux éléments. La justice a ouvert une enquête pour violences volontaires aggravées en réunion, avec la circonstance aggravante liée à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre des victimes. Ce type de violences ciblées rappelle des affaires récentes comme le meurtre survenu à Reims ou encore l'agression dans un tramway parisien, qui illustrent la montée des violences de voie publique en France.
Au 16 avril, aucune interpellation n'avait été annoncée par les autorités. La police exploite les images de vidéosurveillance du secteur ainsi que les témoignages recueillis sur place.
La mairie de Nancy condamne publiquement
Lors du conseil municipal du 14 avril, le maire de Nancy Mathieu Klein a pris la parole pour dénoncer une "violente agression à caractère vraisemblablement transphobe et homophobe" et exprimer sa solidarité avec les victimes. Sa prise de position publique a été saluée par les associations locales de défense des droits LGBTQ+. Ce type de mobilisation institutionnelle reste crucial dans un contexte où les violences homophobes progressent. En France, les statistiques des dernières années montrent une hausse régulière des actes anti-LGBTQ+, particulièrement en milieu nocturne et en sortie de lieux festifs.
L'affaire suscite une forte émotion à Nancy et au-delà. La surpopulation carcérale et les difficultés judiciaires que connaît le pays rendent d'autant plus urgente la nécessité d'identifier et de poursuivre rapidement les auteurs. Avec 87 126 détenus au 1er mars 2026, le système carcéral français est déjà sous pression extrême, ce qui alimente le débat sur l'efficacité de la réponse pénale face aux violences aggravées.