Un crime d'une "extrême violence" selon les juges
Selon l'ordonnance des magistrats instructeurs, la mort de Colonna est "la conséquence directe" des coups portés par Franck Elong Abé "dans des conditions d'extrême violence". Ces coups avaient été suivis d'un étouffement de la victime pendant "plusieurs minutes", avant que l'accusé ne lui prenne "le pouls". Les juges concluent que la "volonté de tuer" apparaît "sans équivoque".
Mobile terroriste et récidive légale
Franck Elong Abé, Camerounais de 39 ans, est renvoyé devant la cour d'assises spécialement composée "en état de récidive légale", selon la confirmation apportée à l'AFP par le Parquet national antiterroriste (Pnat). Le mobile retenu par les magistrats est sans ambiguïté : l'accusé visait à "éliminer un individu pour la seule raison qu'il a indiqué ne pas partager la même croyance".
En revanche, Franck Elong Abé n'est pas renvoyé pour association de malfaiteurs terroriste. Les juges ont écarté cette qualification "en l'absence de participation ou contact entre lui et une tierce personne préalablement aux faits".
Défense et parties civiles insatisfaites
L'ordonnance ne satisfait ni la défense ni les parties civiles. L'avocat de l'accusé, Benoît David, a réagi auprès de l'AFP : "Nous contestons totalement la qualification aggravante de la préméditation et le caractère terroriste. Nous ferons appel sans doute de cette ordonnance." Du côté des proches d'Yvan Colonna, ses avocats dénoncent un acte qu'ils considèrent couvert par l'État, estimant notamment que leur client a été "confortablement assassiné". Le Pnat avait requis cette mise en accusation dès le 20 mars 2026, avant que les juges ne rendent leur ordonnance.
Source: L'Indépendant