Une menace au couteau devant la mosquée Arraham
« Je suis sérieux, je ne rigole pas », lui lance-t-il. Le fidèle, médecin de profession, parvient à se réfugier à l'intérieur de la mosquée. L'individu prend la fuite avant l'arrivée de la police. Une enquête est ouverte sur la base des plaintes du fidèle et de la mosquée.
Les investigations progressent rapidement. Grâce aux empreintes digitales relevées sur les lieux, les enquêteurs s'orientent vers un jeune homme d'origine mahoraise qui fréquentait ponctuellement la mosquée. Il est interpellé à son domicile le mercredi 15 avril vers 14 heures.
Un mobile personnel, pas religieux
Le suspect, âgé de 19 ans et inconnu de la justice, sera déféré ce vendredi 17 avril pour « violences avec arme ayant entraîné une interruption temporaire de travail n'excédant pas huit jours » et « port d'arme de catégorie D ».
Le mobile religieux a rapidement été écarté. L'individu évoque un différend avec un autre fidèle de la mosquée, dont il ignore le nom, qui aurait été rabaissant et insultant à son égard. Cet élément écarte toute piste terroriste ou confessionnelle dans cette affaire de violences liées à un différend personnel, comme on en recense régulièrement dans les faits divers de la région.
Une expertise psychiatrique a été réalisée. Elle n'a pas révélé d'altération ou d'abolition du discernement au moment des faits, mais a conclu à une « dangerosité criminologique naissante », selon le parquet.
Une mosquée encore marquée par le drame d'Aboubakar Cissé
L'incident ravive une douleur encore vive dans la communauté locale. « Depuis trois semaines, on étudie la possibilité d'installer des caméras de sécurité. On reste tous marqués par l'assassinat d'Aboubakar, il y a un an », confiait lundi Hafi Missouri, responsable de la mosquée Arraham, au journal La Montagne.
Il faisait référence au meurtre d'Aboubakar Cissé, un jeune musulman de 22 ans poignardé à mort le 25 avril 2025 dans la mosquée Khadidja de La Grand-Combe, dans le Gard. Ce drame avait suscité une vive émotion dans tout le pays. Dans un contexte où les agressions à l'arme blanche alimentent régulièrement la chronique judiciaire, cette affaire de Montluçon illustre la vulnérabilité ressentie par certaines communautés dans leurs lieux de culte.
Le suspect sera présenté à la justice ce vendredi matin. La question du placement en détention provisoire ou d'un éventuel suivi psychiatrique sera au cœur des décisions judiciaires à venir. Les fidèles de la mosquée Arraham, eux, attendent toujours l'installation des caméras de surveillance annoncée.