Un premier verdict sévère, et la prison ultra-sécurisée de Vendin-le-Vieil
Zerrouki a fait appel, ce qui lui permet de rester présumé innocent sur ce chef d'accusation. Mais l'appel ne change pas ses conditions de détention immédiates. Il a été immédiatement transféré vers la prison ultra-sécurisée de Vendin-le-Vieil, établissement situé entre Lens et Lille, à 880 kilomètres de Toulouse et de sa famille.
Ce centre pénitentiaire est l'un des plus sécurisés de France. Il impose des fouilles à corps quotidiennes et un isolement particulièrement difficile à vivre. Mohamed Zerrouki y passera l'été avant un retour prévu à Toulouse début septembre pour un deuxième procès devant la cour d'assises.
Blanchiment et argent du trafic : le deuxième procès en vue
La prochaine audience, attendue début septembre à Toulouse, ne portera plus sur le meurtre mais sur l'argent. Des sommes considérables que les enquêteurs et magistrats relient directement au trafic de stupéfiants des Izards, actif selon eux depuis au moins quinze ans sous la direction de "Zem".
Au cœur du dossier, une maison acquise à Buzet pour 180 000 euros, puis revendue 500 000 euros, une plus-value difficilement explicable au regard des revenus officiels de Zerrouki. Les enquêteurs considèrent la grande majorité de ses salaires déclarés comme fictifs.
La justice pointe également des images saisies lors des perquisitions, dont une table de cuisine couverte de billets. Ces éléments visuels, joints aux incohérences entre patrimoine et revenus légaux, constituent le socle du volet blanchiment de l'affaire.
Extorsions, frère incarcéré, deux nouveaux procès annoncés
Les ennuis judiciaires du clan ne s'arrêtent pas là. Deux nouveaux procès sont officiellement annoncés, en plus du dossier de blanchiment. Les charges portent également sur des extorsions et le trafic de stupéfiants à grande échelle.
Le frère de Mohamed Zerrouki est désormais lui aussi incarcéré, accompagné de plusieurs proches du clan. Cette mise en détention successive des membres du noyau familial fragilise encore davantage l'organisation qui régnait, selon l'accusation, sur le quartier nord de Toulouse depuis quinze ans.
Les Izards, classé parmi les secteurs les plus exposés au narcotrafic en Occitanie, ont été au centre de nombreuses opérations policières ces dernières années. Les autorités judiciaires de Toulouse voient dans le dossier Zerrouki l'une des affaires les plus emblématiques du démantèlement des réseaux structurés dans les quartiers de la ville rose.
Pour Mohamed Zerrouki, les prochains mois s'annoncent donc sous le signe d'une accumulation d'audiences, de dossiers et de détention à près de 900 kilomètres de son quartier d'origine, dans une prison conçue pour les profils les plus sensibles du pays.
---
Source: La Dépêche