Un crime commis devant les autres élèves
Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 19 ans, était jugé à huis clos depuis mardi à Pau, la minorité de l'accusé au moment des faits imposant cette procédure. Il encourrait vingt ans de réclusion criminelle. Après trois heures de délibéré, la cour l'a reconnu coupable et a prononcé une peine inférieure aux seize ans requis par l'avocate générale Caroline Parizel.
Discernement altéré, risque de récidive
Selon nos confrères de Sud Ouest, la cour a estimé que le discernement de l'adolescent était altéré au moment des faits, en raison de son état dépressif et des médicaments psychotropes qu'il prenait. Trois expertises psychiatriques avaient rendu des conclusions contradictoires : la première établissait sa pleine responsabilité, la deuxième concluait à une altération du discernement, la troisième à une abolition totale. Cette dernière, qui aurait conduit à l'irresponsabilité pénale, a été écartée.
La cour a néanmoins souligné, selon nos confrères du Dauphiné Libéré, la « gravité incontestable » des faits commis devant les autres élèves et le préjudice particulièrement important pour les proches et la communauté éducative, avec une « sidération » encore présente trois ans après. Elle a également évoqué une « prise de conscience modérée » de l'accusé, sans « véritable réflexion sur son passage à l'acte », et un « risque de récidive prégnant ».
L'avocat de la défense, Me Thierry Sagardoytho, avait plaidé pour l'altération du discernement. Le jeune homme, décrit comme brillant dans certaines matières mais mal à l'aise à l'école, souffrait de harcèlement et avait des velléités suicidaires. Son psychiatre traitant n'avait décelé aucune dangerosité avant le drame.
Une rare empathie entre les deux familles
Ce procès aura été marqué par une relation inhabituelle entre la famille de la victime et celle de l'accusé. Sylvie Ducourau, sœur d'Agnès Lassalle, et Stéphane Voirin, le compagnon de l'enseignante, ont fait preuve d'empathie et de compréhension à l'égard des parents de l'accusé, une attitude jugée rare dans un procès pour assassinat.
Les avocats de la partie civile, Mes Sébastien Binet et France Deiss-Rabbé, avaient décrit l'accusé dès le premier jour comme « apathique, avec un criant manque d'empathie », contrastant avec ses parents. Il a fallu attendre le troisième jour du procès pour que le jeune homme formule ses premières excuses. Le procès n'aura toutefois pas permis d'expliquer son geste, qualifié d'« ouragan psychique » par la défense.
Source: Sud Ouest