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Marseille : six personnes mises en examen pour le meurtre de Mehdi Kessaci, tué en pleine rue comme "avertissement" au narcotrafic

Un crime au cœur de la guerre des narcotrafiquants marseillais Ce fait divers criminel d'une rare violence illustre, une fois de plus, jusqu'où peut aller la criminalité organisée à Marseille pour faire taire ses adversaires. Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci, 20 ans, est abattu de plusieurs balles en plein après-midi, sur un rond-point du 4e arrondissement de la cité phocéenne.

Un crime au cœur de la guerre des narcotrafiquants marseillais

Ce fait divers criminel d'une rare violence illustre, une fois de plus, jusqu'où peut aller la criminalité organisée à Marseille pour faire taire ses adversaires. Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci, 20 ans, est abattu de plusieurs balles en plein après-midi, sur un rond-point du 4e arrondissement de la cité phocéenne. Un jeune homme sans antécédent judiciaire, qui rêvait de devenir gardien de la paix, tombe sous les balles d'un commando à moto. La scène, filmée par des caméras de surveillance, choque une ville déjà meurtrie par les règlements de comptes à répétition. Mais derrière ce fait divers criminel se cache une réalité bien plus sombre : le meurtre de Mehdi n'était pas une erreur. C'était un message.

Le 13 novembre 2025 : une exécution en plein jour

Ce vendredi après-midi de novembre 2025, Mehdi Kessaci circule dans le 4e arrondissement de Marseille lorsqu'un individu à moto s'approche et ouvre le feu. Touché de plusieurs balles, il décède sur place. Le tireur prend la fuite sur son deux-roues, qui sera retrouvé incendié peu après dans un secteur proche. L'exécution est méthodique, rapide, professionnelle. Les enquêteurs de la Brigade criminelle de la Direction centrale des opérations de sécurité (DCOS 13) et de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) sont immédiatement saisis de l'affaire.

La victime n'a, elle, aucun lien avec le milieu du trafic de drogue. Pas de casier judiciaire, pas d'antécédents, pas de fréquentations douteuses connues. Tout porte à croire qu'il a été ciblé non pour ce qu'il est, mais pour ce qu'est son frère : Amine Kessaci, figure emblématique de la lutte contre le narcotrafic à Marseille, sous protection policière permanente en raison des menaces de mort qui pèsent sur lui.

Amine Kessaci : une famille frappée à deux reprises par la violence

Le destin de la famille Kessaci est tragiquement marqué par les violences liées au narcotrafic marseillais. En 2020, un autre frère, Brahim Kessaci, avait été retrouvé mort, son corps calciné. Lui était impliqué dans des réseaux de trafic. Six ans plus tard, c'est son frère Mehdi, totalement étranger à ce monde, qui est assassiné.

Pour les enquêteurs du Parquet national anticriminalité organisée (PNACO), le mobile ne fait guère de doute : tuer Mehdi, c'est envoyer un avertissement à Amine. Un message glacial des organisations criminelles à celui qui les combat publiquement. Amine Kessaci, dont l'engagement militant lui a valu une protection policière rapprochée, avait multiplié les prises de parole et les actions pour dénoncer l'emprise des réseaux de drogue sur les quartiers populaires marseillais. Une voix qui dérange, visiblement au point de pousser des commanditaires à éliminer l'un de ses proches.

Ce type de crime d'intimidation, visant les familles de militants ou d'élus plutôt que les cibles directes elles-mêmes, représente une escalade inquiétante dans les méthodes du crime organisé. On retrouve cette logique de terreur dans d'autres affaires récentes, comme ce meurtre à Reims qui illustre combien la violence peut surgir de manière soudaine et dévastatrice dans l'espace public français.

Les arrestations : dix interpellations, six mises en examen

Le 23 mars 2026 : une opération d'envergure dans la région

Plus de quatre mois après le meurtre de Mehdi Kessaci, les enquêteurs passent à l'action. Le 23 mars 2026, une vaste opération est menée simultanément dans la région marseillaise et dans l'Hérault. Dix personnes sont interpellées dans le cadre de cette enquête coordonnée par le PNACO. Parmi elles, des profils variés, tous soupçonnés d'avoir joué un rôle dans la préparation ou la couverture logistique du commando.

Après plusieurs jours de garde à vue, quatre personnes sont libérées, faute d'éléments suffisants pour les maintenir. Les six restants sont déférés devant les magistrats instructeurs.

Le 28 mars 2026 : six mises en examen et écrous

Le 28 mars 2026, la procureure nationale anticriminalité organisée, Vanessa Perrée, annonce officiellement la mise en examen et l'écrou de six personnes — cinq hommes et une femme — dans le cadre de cette affaire. Les chefs d'inculpation retenus sont lourds :

  • Meurtre en bande organisée
  • Tentative de meurtre en bande organisée
  • Participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime
  • Destruction de biens en bande organisée
  • Vol et recel en bande organisée
  • Dissimulation de moyens de fuite (en lien avec la moto utilisée puis incendiée)

Les cinq hommes sont placés en détention provisoire immédiate. La femme mise en examen obtient un délai mais reste écrouée dans l'attente de son audition complète. Le tireur présumé, lui, n'est pas parmi les personnes arrêtées : son identification et son interpellation restent l'un des objectifs prioritaires de l'enquête en cours.

Le rôle des mis en examen : des logisticiens du crime

Les six personnes placées en examen ne sont pas présentées comme les auteurs directs du tir fatal. Selon les éléments communiqués par le PNACO, leurs rôles présumés se situent davantage sur le plan logistique et organisationnel du commando :

  • Surveillances et repérages préalables au passage à l'acte
  • Fourniture ou dissimulation de la moto utilisée lors de la fuite
  • Coordination des différentes phases de l'opération criminelle
  • Couverture des membres actifs du commando

Ce modèle organisationnel est caractéristique des groupes criminels structurés actifs dans le narcotrafic méditerranéen, où les tâches sont réparties entre "logisticiens", "tireurs" et "commanditaires", rendant ainsi l'enquête particulièrement complexe.

Un jour historique pour Amine Kessaci

Élu adjoint au maire de Marseille le même jour que les mises en examen

Le 28 mars 2026 restera une date doublement marquante pour Amine Kessaci. Ce même jour où six suspects de l'assassinat de son frère sont formellement mis en examen, il est élu 4e adjoint au maire de Marseille, délégué à la lutte contre le narcotrafic. Une élection symbolique forte, qui consacre son engagement civique au plus haut niveau municipal de la deuxième ville de France.

Présent dans la salle du conseil municipal sous haute protection policière, Amine Kessaci incarne à lui seul la tension entre le monde politique et la réalité brutale du trafic de drogue à Marseille. Sa présence en ces lieux, sous escorte, dit tout de la pression constante que font peser les organisations criminelles sur ceux qui osent leur résister.

La famille Kessaci, symbole d'une lutte qui coûte cher

La trajectoire de cette famille est devenue emblématique du drame marseillais. D'un côté, Brahim, emporté dans l'engrenage du trafic et retrouvé carbonisé. De l'autre, Mehdi, totalement innocent, tué pour servir de "message". Au milieu, Amine, qui a choisi le combat citoyen et politique, au péril de sa vie et de celle de ses proches. Cette réalité illustre à quel point le narcotrafic ne frappe pas seulement ses acteurs directs, mais s'attaque aussi à leurs entourages, à leurs familles, pour mieux soumettre et terroriser.

Ce type de stratégie d'intimidation par procuration rappelle les méthodes documentées par les enquêteurs dans d'autres contextes de criminalité organisée, à l'image de l'affaire de l'attentat déjoué à Paris, où des réseaux organisés n'hésitent pas à instrumentaliser des individus parfois très jeunes pour atteindre leurs objectifs.

Marseille et le narcotrafic : une guerre sans fin

Des chiffres qui donnent le vertige

Le meurtre de Mehdi Kessaci n'est malheureusement qu'un fait divers criminel parmi d'autres dans une ville qui fait face à une véritable épidémie de violences liées au trafic de drogue. Les statistiques dressent un tableau alarmant :

Période Homicides totaux à Marseille Liés au narcotrafic Évolution
2024 42 31 Référence
2025 49 36 +18 % vs 2024
1er trimestre 2026 17 14 -25 % vs T1 2025 (provisoire)

*Sources : Parquet de Marseille, bilan annuel 2025 (Le Monde, La Provence) ; police nationale, point presse du 28/03/2026 (BFMTV)*

Selon le rapport du ministère de l'Intérieur de novembre 2025, 72 % des homicides commis à Marseille sont liés aux stupéfiants. La ville a terminé l'année 2025 avec 49 morts par armes à feu, dont 36 directement imputables aux règlements de comptes entre réseaux de drogue. Pour le seul premier trimestre 2026, 17 homicides ont déjà été recensés, dont 14 attribués au narcotrafic, malgré le déploiement de quelque 2 000 policiers et l'opération "Stupéfiants XXL" qui a permis la saisie record de 5 tonnes de cannabis.

Le profil des victimes : de plus en plus jeunes

L'une des tendances les plus préoccupantes relevées par les autorités est le rajeunissement des victimes. Selon un rapport de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) de 2025, 40 % des victimes d'homicides liés au narcotrafic à Marseille sont des mineurs ou des jeunes majeurs de moins de 25 ans. Des jeunes souvent recrutés comme "guetteurs" ou "coursiers" dès l'adolescence, et qui deviennent rapidement de la "chair à canon" dans les guerres de territoire entre bandes rivales.

Mehdi Kessaci, 20 ans, est mort sans avoir jamais appartenu à ce monde. Il en est la victime collatérale la plus tragique : un jeune homme dont le seul tort était d'être le frère de celui qui combat le trafic. Cette dimension rend le crime encore plus insupportable aux yeux de l'opinion publique et des autorités judiciaires.

La réponse judiciaire : le PNACO en première ligne

Face à l'ampleur du phénomène, la justice française a renforcé ses dispositifs. Le Parquet national anticriminalité organisée (PNACO), créé pour coordonner les enquêtes les plus complexes liées au crime organisé, est désormais systématiquement saisi des affaires de narcotrafic à fort retentissement. Dans l'affaire Kessaci, c'est ce parquet spécialisé qui a supervisé les investigations, en lien avec la brigade criminelle de la DCOS 13 et l'OCLCO.

Cette architecture judiciaire renforcée témoigne de la prise de conscience des pouvoirs publics face à la sophistication croissante des réseaux criminels, dont les ramifications dépassent souvent les frontières régionales, voire nationales. Comme l'illustre par ailleurs cette affaire de vol spectaculaire entre l'Italie et la Pologne, les réseaux criminels organisés opèrent désormais à l'échelle européenne, rendant indispensable une coopération judiciaire et policière internationale.

FAQ

Qui était Mehdi Kessaci ?

Mehdi Kessaci était un jeune Marseillais de 20 ans, sans antécédent judiciaire ni lien avec les milieux criminels. Il envisageait de devenir gardien de la paix. Il a été assassiné le 13 novembre 2025 dans le 4e arrondissement de Marseille, vraisemblablement ciblé en raison de l'engagement de son frère Amine contre le narcotrafic. Sa mort, perçue comme un "avertissement" envoyé aux militants anti-trafic, a profondément choqué l'opinion publique et les autorités judiciaires.

Pourquoi six personnes ont-elles été mises en examen et pas davantage ?

Sur les dix personnes interpellées le 23 mars 2026, quatre ont été remises en liberté après leur garde à vue, faute d'éléments suffisants pour les maintenir en détention. Les six restants — cinq hommes et une femme — ont été mis en examen le 28 mars 2026 pour des charges de meurtre en bande organisée, tentative de meurtre, et participation à une association de malfaiteurs. Ils sont notamment soupçonnés d'avoir assuré la logistique du commando : surveillance, repérage, fourniture et dissimulation de la moto de fuite. L'enquête reste ouverte, en particulier pour identifier et arrêter le tireur présumé.

Quel est le rôle du PNACO dans cette affaire ?

Le Parquet national anticriminalité organisée (PNACO) est l'institution judiciaire française spécialisée dans la lutte contre le crime organisé de grande envergure. Dans l'affaire Kessaci, c'est la procureure nationale Vanessa Perrée qui a supervisé les investigations et officialisé les mises en examen. Le PNACO travaille en coordination avec des unités d'élite comme la Brigade criminelle de la DCOS 13 et l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), afin de démanteler les structures logistiques et décisionnelles des réseaux criminels.

Qu'est devenu Amine Kessaci depuis l'assassinat de son frère ?

Amine Kessaci, figure de la lutte anti-narcotrafic à Marseille, vivait déjà sous protection policière en raison des menaces pesant sur lui avant même le meurtre de son frère. Après l'assassinat de Mehdi, il a poursuivi son engagement public. Le 28 mars 2026 — le même jour que les mises en examen des suspects — il a été élu 4e adjoint au maire de Marseille, délégué à la lutte contre le narcotrafic. Une élection symboliquement très forte, qui s'est tenue sous haute protection policière dans la salle du conseil municipal.

Quelles sont les peines encourues par les mis en examen ?

Les chefs d'inculpation retenus contre les six personnes mises en examen sont particulièrement graves. Le meurtre en bande organisée est passible de la réclusion criminelle à perpétuité en droit français. La participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime est punie de dix ans d'emprisonnement. Les charges de destruction de biens, vol et recel en bande organisée ajoutent encore à la sévérité potentielle des condamnations. Tous les mis en examen sont actuellement en détention provisoire dans l'attente de leur procès devant la cour d'assises.

Conclusion

L'affaire Mehdi Kessaci est le reflet glaçant d'une réalité que Marseille subit depuis des décennies : le narcotrafic ne recule devant rien, pas même l'élimination de victimes innocentes, pour protéger ses intérêts et intimider ses opposants. Ce fait divers criminel dépasse largement le cadre d'un simple règlement de comptes : il s'agit d'une attaque délibérée contre ceux qui résistent au crime organisé, une tentative de terroriser une famille, un militant, une société civile.

La mise en examen de six personnes le 28 mars 2026 marque une étape judiciaire importante, mais l'enquête n'est pas close : le tireur présumé court toujours. Et au-delà de ce dossier, c'est toute la question de la guerre contre le narcotrafic à Marseille qui reste posée, entre bilans humains dramatiques, opérations policières massives et réponse judiciaire renforcée. L'élection d'Amine Kessaci comme adjoint au maire, le même jour que les mises en examen, est un signal fort : la société civile ne capitule pas. Mais à quel prix ?

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