Un jeune homme tué à la place de son frère
Les enquêteurs de la police judiciaire de Marseille et de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLO) étudient désormais l'hypothèse qu'il ne s'agissait pas de la bonne cible. Le commando aurait voulu éliminer son frère aîné, Amine Kessaci, et non Mehdi.
C'est une piste parmi d'autres, mais certains éléments récents l'ont renforcée, confie une source proche du dossier au Figaro. "On travaille sur toutes les pistes possibles, celle-là est à l'étude, ce n'est pas une piste prioritaire ou unique."
Des logisticiens auraient semé la confusion
Selon Le Parisien, des individus identifiés comme des "logisticiens" auraient effectué des repérages pendant plusieurs jours avant le meurtre, dans le but de donner le signal au commando. Ces mêmes logisticiens auraient pisté Mehdi en croyant suivre son frère Amine, et transmis le feu vert aux tireurs. Le commando aurait alors agi aveuglément, sans vérifier l'identité de la cible.
Amine Kessaci, désormais adjoint au maire de Marseille et placé sous protection policière renforcée, avait pourtant été averti dès l'été 2025 par la police judiciaire que de sérieuses menaces pesaient sur lui. Fondateur de l'association Conscience après la mort de leur frère Brahim dans un règlement de comptes lié au narcotrafic en 2020, il est une figure connue de la lutte contre le trafic de drogues à Marseille. Ce contexte familial dramatique rappelle d'autres affaires liées au crime organisé, comme celle d'un caïd de la DZ Mafia interpellé après le meurtre de "Samir les yeux bleus" à Kingersheim.
"J'ai plein d'interrogations. La question qui me tracasse le plus, c'est de savoir s'ils m'ont confondu avec mon frère ou non", déclarait Amine Kessaci dans les colonnes du Figaro en février. Contacté lundi 20 avril, il n'a pas souhaité réagir, indiquant seulement à La Provence qu'il restait "prudent" face à ces révélations. "C'est dur à entendre."
Six mis en examen, les tireurs toujours en fuite
Le 23 mars 2026, six individus ont été interpellés et mis en examen pour meurtre en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime. Ces suspects sont principalement identifiés comme des logisticiens du commando.
Les tireurs eux-mêmes restent en fuite. L'enquête se poursuit sous l'autorité du Parquet national anticriminalité organisée (PNACO). Ce dossier s'inscrit dans une série de violences liées au narcotrafic à Marseille qui saturent les institutions judiciaires, dans un contexte où les prisons françaises atteignent des records historiques de surpopulation avec 87 126 détenus au 1er mars 2026. De son côté, à Reims, un suspect de 18 ans a récemment été déféré pour meurtre lors d'une dispute anodine, illustrant la banalisation de la violence meurtrière en France.