Une disparition qui intrigue tout un village
Ses proches et voisins ont tiré la sonnette d'alarme le 3 avril. L'inquiétude est d'autant plus grande que Manon n'aurait jamais abandonné sa fille. "Elle ne serait pas partie sans sa fille de 15 mois", confient ses voisins, qui la décrivent comme une mère très attachée à son enfant. La maison familiale a depuis été entièrement barricadée par les enquêteurs de la gendarmerie, avec des scellés mentionnant "disparition inquiétante".
Le compagnon dans le viseur des enquêteurs
L'affaire a rapidement franchi un cap. Le 7 avril, un juge d'instruction nantais a été saisi non plus seulement pour disparition, mais pour enlèvement de mineur et meurtre par conjoint, comme l'a confirmé lundi le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy. Une information judiciaire d'une extrême gravité.
Le compagnon de Manon, Karim, est le suspect numéro un. Certains riverains le décrivent comme peu aimable et cassant. Tout le week-end de Pâques, les enquêteurs se sont relayés dans la maison du couple pour passer les lieux au crible. Le sort de la petite Inaya reste également inconnu, ce qui alimente l'angoisse des habitants et de la famille.
Ce type d'affaire impliquant une possible violence conjugale fatale s'inscrit dans un contexte national préoccupant. En France, les féminicides au sein du couple font régulièrement la une des faits divers les plus dramatiques, tout comme les affaires de violences extrêmes qui aboutissent devant un juge d'instruction. Les enquêteurs travaillent aussi sur la piste de la disparition de l'enfant, une dimension particulièrement douloureuse de cette enquête, qui rappelle d'autres dossiers glaçants instruits par la justice française.
Une instruction en cours, le sort d'Inaya toujours inconnu
L'ouverture d'une information judiciaire pour meurtre par conjoint signifie que les magistrats ont des éléments suffisamment sérieux pour envisager le pire. L'enquête se poursuit sous la direction du parquet de Nantes, avec une attention particulière portée sur la localisation d'Inaya, dont on est sans nouvelles depuis la disparition de sa mère.
La communauté de Saint-Étienne-de-Montluc retient son souffle. Les voisins de Manon espèrent encore une issue différente de celle que redoutent les enquêteurs. Mais la qualification retenue par le juge d'instruction laisse peu de place à l'optimisme.