Un coup de fil en direct sur RTL qui lui coûte son poste
Paris Habitat, plus grand bailleur social de la capitale avec 130 000 logements, découvre l'émission. Le 29 mai 2024, à deux mois de sa retraite, José Gutierrez est licencié pour faute grave, sans indemnités ni préavis. Le bailleur lui reproche une « intervention mensongère » et un « grave manquement à son obligation de loyauté ».
Une condamnation à 97 000 euros, mais Paris Habitat fait appel
Le conseil de prud'hommes de Paris a tranché : le licenciement pour faute grave est nul. Paris Habitat est condamné à verser plus de 97 000 euros à l'ancien gardien. La CFDT, qui avait soutenu José Gutierrez dès le départ, avait notamment dénoncé une procédure engagée hors délai légal.
Mais la condamnation ne clôt pas l'affaire. Paris Habitat annonce au Parisien faire appel de la décision. Pendant ce temps, la situation personnelle du gardien reste précaire. Titulaire d'un logement de fonction, il se retrouve sans revenus ni garanties après son licenciement. Son avocat, Maître Pierre Farge, souligne que son dossier de relogement est « inacceptable pour n'importe quel bailleur ». Dans l'impossibilité de quitter les lieux, il y reste.
Paris Habitat n'a pas attendu le verdict des prud'hommes pour agir : le bailleur a engagé une procédure d'expulsion devant le tribunal judiciaire de Paris. L'ancien gardien se retrouve ainsi à devoir affronter simultanément deux batailles judiciaires, l'une pour ses droits de salarié, l'autre pour conserver un toit.
Cette affaire rappelle d'autres conflits sociaux aux enjeux dramatiques dans la capitale, comme l'agression dans un tramway à la Porte de la Chapelle ou encore le braquage spectaculaire aux Champs-Élysées, qui témoignent chacun à leur manière des tensions qui traversent la ville. Plus généralement, les affaires de justice sociale rejoignent parfois des situations d'une gravité comparable à celles évoquées dans des dossiers comme le meurtre à Reims pour un briquet, où des vies basculent en un instant.
José Gutierrez attend désormais que la cour d'appel se prononce sur son licenciement, tandis que la procédure d'expulsion suit son propre calendrier judiciaire. À 61 ans, après trente ans de carrière dans le même immeuble, le gardien de Ménilmontant se retrouve à devoir tout reconstruire.