Une double vie brisée par une adolescente de 17 ans
L'adolescente filme alors son beau-père en train d'allumer les caméras juste avant qu'elle parte prendre sa douche. Elle alerte sa mère, en couple avec l'homme depuis une dizaine d'années. Confronté aux preuves, Jan M. supplie sa compagne de ne rien dire à la police, mais cette dernière refuse et porte plainte.
100 000 photos prises à l'insu des victimes sur 25 ans
La perquisition du domicile ouvre une véritable boîte de Pandore. Sur l'ordinateur et le téléphone portable de Jan M., les enquêteurs découvrent près de 100 000 photos de nus de ses ex-partenaires, de sa belle-fille et d'une amie de cette dernière, toutes prises à leur insu sur une période de 25 ans. Des vidéos de rapports sexuels avec ses compagnes sont également retrouvées.
Lors de son interrogatoire, l'homme reconnaît rapidement les faits mais tente de minimiser. « C'était uniquement parce que je soupçonnais ma compagne de me tromper. Je voulais enregistrer ses conversations téléphoniques de cette manière », dit-il aux enquêteurs. Il affirme par ailleurs avoir « supprimé immédiatement » les clichés impliquant sa belle-fille, ce que les analyses informatiques contredisent.
Le tribunal d'Anvers le condamne finalement à dix ans de réclusion criminelle avec mandat de dépôt pour viol aggravé sur trois victimes, filmage à leur insu et atteinte à la vie privée. L'avocat de l'une des victimes lui avait donné le surnom de « Pelicot flamand », en référence à Dominique Pelicot, condamné en France pour des faits similaires d'une ampleur encore plus grande. Cette affaire rappelle d'autres faits divers récents qui ont choqué l'opinion, ou encore l'affaire de l'agression au couteau dans un tramway parisien, révélant la violence ordinaire qui traverse nos sociétés.
Une condamnation saluée mais jugée insuffisante par certaines victimes
La peine prononcée par le tribunal flamand suscite des réactions contrastées. Si la condamnation est ferme, avec un mandat de dépôt immédiat, certains avocats de victimes estiment que dix ans ne reflètent pas l'ampleur des faits, étalés sur un quart de siècle. Les trois ex-compagnes directement visées par les viols avaient témoigné à l'audience, décrivant des années de manipulation et de soumission chimique.
L'affaire illustre aussi la question de la surpopulation carcérale qui touche les pays voisins comme la France, où chaque condamnation à une longue peine alourdit un système déjà saturé. Jan M. devra aussi être inscrit au registre des délinquants sexuels belge, avec suivi psychiatrique obligatoire à sa libération.