Une seconde attestation pour démentir Sarkozy
Une première attestation, lue à la cour lors de cette même audience du 14 avril, avait déjà acté la rupture publique entre les deux hommes. Guéant y avait répondu à Sarkozy, qui laissait entendre à la barre que son ancien collaborateur avait pu agir selon ses intérêts propres : "Je n'ai jamais fait que servir de mon mieux Nicolas Sarkozy, suivre ses instructions, et veiller à la mise en oeuvre de sa politique." Selon les recherches de web_search, Guéant affirme désormais dans sa seconde attestation que "Nicolas Sarkozy se trompe" et que toutes ses actions résultaient d'instructions directes de l'ex-président.
Le dîner de Tripoli au coeur de la discorde
L'avocat de Guéant, Philippe Bouchez El Ghozi, avait prévenu sans ambiguïté : "Toute nouvelle mise en cause de Claude Guéant ferait l'objet d'un complément d'attestation." C'est désormais chose faite. Le dîner du 25 juillet 2007 à Tripoli cristallise les contradictions entre les deux anciens alliés, Sarkozy lui aurait notamment demandé d'aborder la situation judiciaire d'Abdallah Senoussi avec Kadhafi à cette occasion.
Abdallah Senoussi, numéro deux du régime libyen, avait été condamné en France à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir commandité l'attentat contre le DC-10 d'UTA en 1989, qui avait causé la mort de 170 personnes. Selon nos confrères du Figaro, les enquêteurs ont par ailleurs retracé 6 millions d'euros du Trésor libyen vers les comptes de Ziad Takieddine entre janvier et novembre 2006, et Guéant aurait perçu 500 000 euros pour un appartement dans le 16e arrondissement de Paris, soupçonné d'être lié au financement libyen.
Cinq et six ans de prison ferme en première instance
Jugés en appel avec huit autres prévenus, Nicolas Sarkozy et Claude Guéant avaient été condamnés respectivement à cinq et six ans de prison ferme en première instance. Sarkozy avait été reconnu coupable d'association de malfaiteurs pour avoir, selon le tribunal, laissé Guéant et Brice Hortefeux négocier avec les autorités libyennes un financement politique occulte. Les trois hommes réfutent l'intégralité de ce scénario.
Le procès en appel a été ouvert le 16 mars 2026 devant la cour d'appel de Paris. Selon nos confrères de RTL, une confrontation entre Sarkozy, Hortefeux et Guéant est prévue le 29 avril 2026, avant le début des plaidoiries début mai et le délibéré final.
Source: Le Dauphiné Libéré