Un braquage en pleine nuit, une balle tirée dans la réserve
Un complice lui lance aussitôt : « Gaze-le ! Gaze-le ! » Aspergé de gaz lacrymogène, le commerçant parvient à se replier dans sa réserve et s'empare d'une matraque équipée d'un taser. Le deuxième malfaiteur sort alors une arme de poing et tire. La balle, par ricochet, traverse un carton de bonbons. Les deux assaillants repartent bredouilles.
Interpellation rapide, condamnation en comparution immédiate
À leur arrivée sur les lieux, les gendarmes repèrent un fourgon Boxer qui passe devant le commerce. Le véhicule s'arrête à la vue des militaires. Un passager prend la fuite à pied, son conducteur se laisse appréhender. Les gendarmes découvrent à bord une arme de poing, des cagoules et des gants laissés sur le siège passager. Le fuyard est interpellé peu après, alors qu'il revenait sur les lieux.
Trois jeunes Grenoblois sont ainsi mis en cause. Jeudi 23 avril, deux d'entre eux, âgés de 20 et 18 ans, comparaissent en audience de comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Bourgoin-Jallieu. La procureure de la République, Nathalie Hermitte, qualifie les faits de « crime correctionnalisé », faisant encourir 10 ans de prison à l'un et 20 ans à l'autre, ce dernier étant en situation de récidive. Elle souligne qu'ils ont été « capables de se répartir les rôles, de repérer, d'utiliser une gazeuse, de tirer à la 22 LR ». Les deux majeurs sont condamnés à de la prison.
« Vous lui avez enlevé l'envie d'être heureux »
À l'audience, l'avocat du gérant, Maître Redha Lala-Bouali, décrit un homme « dépité, apeuré et triste ». « Mon client avait décidé d'ouvrir cette supérette par amour du contact humain. Cette nuit-là, tout a volé en éclat. Vous lui avez enlevé l'envie d'être heureux », déclare-t-il avec gravité. Les deux prévenus, selon le Dauphiné Libéré, ne semblaient pas prendre conscience de la gravité des faits qui leur étaient reprochés tout au long de l'audience.
Source: Le Dauphiné Libéré