Une fuite de cinq heures dans les bois
Plutôt que de se soumettre au contrôle, Mathieu M. prend ses jambes à son cou. Il franchit un mur et tente de disparaître dans la forêt voisine. Il faudra le renfort du PSIG, le Peloton de Surveillance et d'Intervention de la Gendarmerie, pour le localiser et l'interpeller, cinq heures plus tard. Sur lui : un couteau et une petite quantité de cannabis.
Un profil judiciaire déjà chargé
En audience de comparution immédiate le lundi 20 avril, Mathieu M. tente de justifier sa présence à Senlis. « J'avais plusieurs convocations au tribunal et à la protection judiciaire de la jeunesse », explique-t-il. Problème : les dates de ces convocations ne correspondent pas à celles de sa présence dans la ville. « Je ne peux pas faire des allers-retours depuis Narbonne », bougonne-t-il, lui qui est officiellement domicilié dans l'Aude, chez son oncle.
Le substitut du procureur ne tarde pas à démonter l'argumentaire. Il rappelle que Mathieu M. est également sous contrôle judiciaire dans le cadre d'une mise en examen pour viol, qui lui interdit lui aussi d'être présent à Senlis. Et d'ajouter : « Il a déjà été contrôlé le 2 avril dernier à Ermenonville. En fait, il est très souvent ici. »
Ce type de profil, cumulant interdictions de séjour et passages répétés devant les tribunaux, illustre les tensions que connaît le système judiciaire français. Dans un contexte de surpopulation carcérale avec 87 126 détenus au 1er mars 2026, les alternatives à l'incarcération classique se multiplient.
Cinq mois ferme, mais loin de l'Oise
Le tribunal a condamné Mathieu M. à cinq mois de prison ferme. La peine sera cependant purgée sous la forme d'une détention à domicile sous surveillance électronique. Et ce, loin de l'Oise : c'est le juge d'application des peines de Narbonne qui fixera les modalités concrètes de l'exécution de cette peine.
Une affaire qui rappelle, comme la mort par couteau à Reims pour un briquet, que la détention d'une arme blanche peut rapidement aggraver une situation déjà compromise devant la justice. Pour Mathieu M., la prochaine étape sera l'audience sur sa mise en examen pour viol, une procédure distincte qui suit son propre calendrier judiciaire.