Un intermédiaire franco-algérien au cœur d'un système financier occulte
Les initiales «AD» apparaissent dans des documents bancaires évoqués par Mediapart, traçant des circuits financiers qui auraient permis de déplacer des sommes importantes tout en brouillant les pistes. L'affaire illustre la sophistication des montages utilisés par des acteurs du grand banditisme financier et de la corruption d'État.
Crime financier et réseaux d'influence
L'affaire Djouhri s'inscrit dans un contexte plus large d'expansion des réseaux criminels financiers en France. Selon nos confrères de BFMTV, le Sirasco, service de renseignement criminel de la police judiciaire, a publié en 2026 un rapport de 254 pages alertant sur la modernisation et la sophistication croissante des organisations criminelles françaises.
Le même rapport du Sirasco souligne que la corruption d'agents publics figure parmi les méthodes de plus en plus fréquemment utilisées par les réseaux criminels organisés. Cette tendance au cloisonnement des activités et à la sous-traitance, relevée par les enquêteurs, correspond précisément au type de montage que l'affaire Djouhri semble illustrer sur le plan financier.
Djouhri, dont le nom est apparu dans plusieurs dossiers judiciaires sensibles liés au financement politique et aux relations franco-algériennes, est déjà mis en cause dans des affaires de corruption et de recel. L'enquête de Mediapart apporte de nouveaux éléments sur la mécanique bancaire précise qu'il aurait utilisée, grâce à des comptes identifiés par ces initiales.
Une enquête judiciaire qui se poursuit
L'article de Mediapart publié ce mercredi 22 avril 2026 s'appuie sur des documents internes permettant de retracer des mouvements de fonds liés aux initiales «AD» dans plusieurs établissements bancaires. Ces révélations pourraient relancer l'attention des magistrats instructeurs sur des circuits financiers jusqu'ici peu documentés publiquement.
L'affaire rejoint d'autres dossiers récents mêlant crime financier, réseaux d'influence et blanchiment à grande échelle, dans lesquels des intermédiaires discrets ont joué un rôle central pour faire transiter des capitaux d'origine douteuse à travers le système bancaire international.
Source: mediapart.fr