Des factures astronomiques pour quelques heures de soins
Le montant de ces factures a stupéfié tout le monde. Selon le quotidien économique italien *Il Sole 24 Ore*, deux victimes ont reçu chacune une note d'un peu plus de 18 000 euros. Mais c'est la famille du jeune Manfredi Marcucci, 16 ans, qui a été la plus touchée : 75 000 euros réclamés pour 15 heures passées à l'hôpital de Sion, d'après la chaîne publique italienne Rai. Une précision figurait toutefois en bas de page du document : « la facture ne doit pas être payée ».
Giorgia Meloni entre en scène
L'affaire est remontée jusqu'au sommet de l'État italien. La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, a réagi mardi 21 avril sur le réseau social X, affirmant être « restée choquée par la nouvelle ». Elle a qualifié ces envois d'« insulte » et de « moquerie », dénonçant ce qu'elle appelle « une bureaucratie inhumaine ».
Meloni a ensuite contacté l'ambassadeur d'Italie en Suisse, qui lui a confirmé qu'il s'agissait d'une erreur et que les familles n'avaient rien à régler. « J'ai demandé à l'ambassadeur de faire extrêmement attention sur ce sujet parce qu'il serait répugnant que ce genre de coûts puisse retomber sur les victimes ou sur l'Italie », a-t-elle précisé.
Les autorités suisses ont reconnu une « erreur » d'un fonctionnaire. L'avocat Domenico Radice, qui représente plusieurs familles de victimes, a lui aussi jugé ces factures « inappropriées » dans une déclaration à la Rai. La crainte persistait néanmoins que les coûts d'hospitalisation finissent par être réclamés à l'État italien.
Une affaire qui dépasse le simple couac administratif
Ce couac bureaucratique survient dans un contexte émotionnellement chargé. L'incendie du Constellation a coûté la vie à six Italiens le jour du Nouvel An, faisant de cette tragédie l'une des plus douloureuses de ce début d'année pour l'Italie. Envoyer des factures salées aux familles endeuillées ou blessées, même par erreur, ne pouvait qu'enflammer les esprits.
Si cette histoire appartient à la catégorie des faits divers insolites, elle interroge aussi sur les mécanismes de facturation hospitalière en Suisse pour les ressortissants étrangers, notamment hors Union européenne, et sur la coordination entre systèmes de santé européens en cas de catastrophe. À l'image d'autres affaires insolites impliquant l'Italie et ses voisins européens, ce dossier illustre comment une erreur administrative peut rapidement prendre une dimension politique inattendue.
Les familles des victimes ont été assurées qu'elles n'auraient pas à débourser le moindre centime. Reste à savoir comment cette erreur a pu se produire et comment les deux pays entendent clarifier la prise en charge des frais médicaux liés à cette catastrophe.