Un enfant retrouvé nu sur un monticule de déchets
Les gendarmes découvrent le petit garçon de 9 ans recroquevillé en position fœtale, nu, recouvert d'une simple couverture sur un matelas entouré de déchets et d'excréments. L'enfant est incapable de se tenir debout, de déplier les jambes ou de marcher. Il est transporté d'urgence à l'unité pédiatrique de l'hôpital de Mulhouse, où son pronostic vital n'est plus engagé.
La camionnette, celle d'électricien du père, était stationnée à seulement deux mètres de l'appartement familial. L'enfant y vivait depuis fin septembre 2024, alors qu'il n'avait que 7 ans. Il faisait ses besoins dans une bouteille et n'avait pas eu accès à une douche depuis des mois.
Le père reconnaît les faits, la belle-mère mise en cause
Selon les déclarations du garçon aux enquêteurs, la compagne de son père ne voulait plus de lui dans l'appartement et souhaitait qu'il soit interné en hôpital psychiatrique. Le père, Mickaël G., 43 ans, aurait alors choisi d'enfermer son fils dans la camionnette, "pour ne pas l'interner", selon les mots de l'enfant. Ce dernier avait accepté la situation, persuadé que son père n'avait pas d'autre choix.
Mis en examen le 10 avril 2026 pour séquestration aggravée et privation de soins compromettant la santé d'un mineur, Mickaël G. a entièrement reconnu les faits. Placé en détention provisoire pour un an dès le 13 avril, il encourt jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle. Sa compagne a également été mise en examen pour non-assistance à personne en danger. Elle a été laissée libre sous conditions, avec interdiction de se rendre à Hagenbach et de contacter les trois enfants mineurs du foyer, désormais placés.
Ce dossier rappelle d'autres affaires de violences intrafamiliales passées sous les radars, comme certains drames qui éclatent au grand jour seulement quand une tierce personne donne l'alerte.
Des défaillances institutionnelles pointées du doigt
L'affaire soulève de lourdes questions sur les manquements de la chaîne de protection de l'enfance. Le garçon était scolarisé en CP à Mulhouse jusqu'en 2023-2024 avec de bons résultats. Lorsque la famille avait signalé qu'il serait désormais "instruit autrement", l'école avait classé le dossier sans déclencher d'alerte. Ses grands-parents ne l'avaient eu au téléphone qu'une seule fois, en mars 2026 pour son anniversaire.
Le procureur de Mulhouse, Nicolas Heitz, a tenu une conférence de presse le 15 avril 2026, qualifiant l'affaire de "dramatique". Une enquête administrative a été ouverte sur les défaillances des contrôles de scolarité obligatoire. Ni l'Éducation nationale ni les services sociaux n'avaient détecté l'absence prolongée de l'enfant. À l'image d'autres affaires troublantes qui restent invisibles pendant des années, ce cas interroge profondément les mécanismes de vigilance collective. Dans le village d'Hagenbach, voisins et habitants disent n'avoir rien su, malgré les bruits entendus autour du véhicule.