Une série de faits divers violents qui secoue la France
Quatre suspects sont interpellés dès le lendemain à Paris et dans la région bordelaise grâce à la vidéosurveillance. Ils sont mis en examen pour séquestration et vol avec violence en bande organisée, puis placés en détention provisoire.
Quelques jours plus tard, le 13 avril, un scénario encore plus brutal se déroule dans un village de l'Yonne. Quatre hommes cagoulés enlèvent une mère et son fils de 11 ans sous les yeux du père, entrepreneur spécialisé en cryptomonnaies. Ce dernier avait déjà versé 400 000 euros en cryptos aux ravisseurs, mais un délai de sécurité de sept jours bloquait le transfert. La mère et l'enfant sont séquestrés pendant vingt heures dans un hôtel du Val-de-Marne. Le GIGN intervient le 14 avril et libère les deux victimes, permettant l'interpellation de sept hommes.
Un phénomène qui prend de l'ampleur, des profils souvent amateurs
La Direction nationale de la police judiciaire tire la sonnette d'alarme. Ces 41 enlèvements recensés depuis début 2026 représentent le double du total des deux années précédentes réunies. Les victimes ne sont pas toujours les détenteurs directs des codes : dans plusieurs cas, les criminels s'en prennent à des proches, voire à des voisins, faute d'avoir bien ciblé leur cible. Un signe d'amateurisme qui n'empêche pas la violence d'être réelle.
Certaines affaires aboutissent cependant à d'importantes extorsions. Dans les Yvelines, 900 000 euros en cryptomonnaies ont été soutirés à une victime. En Isère, une magistrate et sa fille avaient été enlevées début février. Ce type de criminalité, à mi-chemin entre le grand banditisme traditionnel et l'univers numérique, pose de nouveaux défis aux forces de l'ordre.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a salué l'intervention du GIGN dans l'affaire de l'Yonne et les enquêtes menées par la Section de recherche de la gendarmerie de Paris. Ces affaires surviennent dans un contexte de montée générale de la violence criminelle en France, comme en témoigne aussi l'essor du narcotrafic ou encore la surpopulation carcérale record enregistrée au 1er mars 2026. La DNPJ a annoncé la mise en place d'une cellule spécialisée pour coordonner les enquêtes sur ces rapts liés aux actifs numériques.