Une mort violente à la sortie du collège
Ce fait divers a profondément choqué l'Essonne et au-delà. Le 4 avril 2024, Shemseddine, élève de 3e au collège des Sablons à Viry-Châtillon, est agressé à la sortie de son établissement par quatre jeunes plus âgés. La bagarre éclate dans une cage d'escalier à proximité, alimentée par des tensions autour de la petite sœur de deux des accusés.
L'adolescent reçoit des coups de poing et de pied, avant d'être victime d'une "balayette" qui le fait chuter violemment. Sa tête heurte l'arête d'une marche. Il décède le lendemain à l'hôpital Necker d'un traumatisme crânien sévère. L'autopsie établit cette cause de mort, même si certaines lésions restent partiellement inexpliquées.
L'affaire, survenue dans une banlieue parisienne, avait provoqué une vive émotion nationale, jusqu'à entraîner une visite de Gabriel Attal, alors ministre de l'Éducation nationale. Elle s'inscrit dans une série de violences mortelles impliquant de très jeunes auteurs qui interrogent les institutions judiciaires et scolaires françaises.
Renvoi aux assises, mais sans qualification de meurtre
Par une ordonnance rendue le 31 mars 2026, la juge d'instruction a renvoyé deux des accusés devant la cour d'assises des mineurs. Les deux jeunes hommes, âgés de 17 ans au moment des faits, sont poursuivis pour "violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner". La qualification d'assassinat, qui implique une préméditation, a été écartée.
La décision repose sur l'autopsie, les déclarations des mis en cause et un avis médical complémentaire. La juge a estimé que l'intention de tuer ne pouvait pas être retenue. Les familles et certains proches de Shemseddine, qui réclamaient la qualification de meurtre, ont accueilli cette requalification avec amertume.
Deux autres suspects initialement poursuivis pour complicité ont obtenu un non-lieu, une décision contestée en appel. L'un d'eux fait toutefois l'objet d'un renvoi distinct pour "subornation de témoins", après avoir tenté d'influencer des adolescents pour accuser une bande rivale de Grigny. Ce type d'obstruction judiciaire rappelle la complexité des affaires impliquant des mineurs, à l'image d'autres dossiers criminels récents comme le meurtre de Mehdi Kessaci à Marseille, où les pressions sur les témoins ont également compliqué l'enquête.
Un procès aux assises des mineurs sans date fixée
Aucune date d'audience n'a encore été communiquée pour ce procès aux assises des mineurs. La juridiction, compétente pour les crimes commis par des individus de moins de 18 ans au moment des faits, devra statuer sur la responsabilité pénale des deux accusés et fixer une éventuelle peine.
La question de la surpopulation carcérale qui frappe le système pénitentiaire français pourrait également peser, en filigrane, sur les décisions relatives aux jeunes condamnés. Les parents de Shemseddine, soutenus par leurs avocats, attendent désormais ce procès comme ultime espace pour faire entendre leur vérité sur la mort de leur fils.
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