Un mouvement qui s'installe dans la durée
Les représentants du barreau dénoncent une revalorisation insuffisante de l'unité de valeur, le tarif de référence qui sert de base au calcul de leur rémunération dans les dossiers d'aide juridictionnelle. Selon eux, ce tarif n'a pas suivi l'inflation, rendant économiquement insoutenable la prise en charge des justiciables les plus vulnérables.
La criminalité, toile de fond d'une justice sous pression
Ce mouvement de grève intervient dans un contexte où la justice pénale fait face à une charge croissante. Selon nos confrères de BFMTV, le Sirasco, service de renseignement criminel de la police judiciaire, a recensé 104 "narchomicides" en 2025, des homicides commis en lien avec le narcotrafic, faisant par ailleurs 317 blessés. Ces assassinats et tentatives d'assassinats ont progressé de 28% depuis 2021, selon ce rapport de 254 pages sur l'état de la menace en France.
Les saisies de cocaïne ont atteint 84,3 tonnes sur le territoire national en 2025, contre 53,5 tonnes l'année précédente. Face à cette montée du crime organisé, les avocats pénalistes estiment que leur rôle est plus essentiel que jamais, et que leur précarisation fragilise in fine l'ensemble de la chaîne judiciaire.
Des négociations au point mort
Les bâtonniers du Nord et du Pas-de-Calais ont multiplié les demandes d'audience auprès du ministère de la Justice sans obtenir de réponse jugée satisfaisante. Le mouvement bénéficie d'une forte solidarité au sein du barreau, y compris parmi les jeunes avocats pour qui les dossiers d'aide juridictionnelle constituent souvent l'essentiel de l'activité en début de carrière.
La profession rappelle qu'une aide juridictionnelle mal financée, c'est un accès à la justice à deux vitesses. Les syndicats d'avocats menacent d'élargir le mouvement à d'autres barreaux de la région Hauts-de-France si aucune avancée concrète n'est enregistrée dans les prochains jours.
Source: La Voix du Nord