L'affaire qui a traumatisé la France
Ce fait divers criminel, l'un des plus troublants de la chronique judiciaire française, hante encore les enquêteurs. La dernière trace certaine de Xavier Dupont de Ligonnès remonte au 15 avril 2011, quand il est filmé par une caméra de surveillance à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var. Il séjourne alors dans un motel. Après cette date, le silence.
Quinze ans de pistes sans issue
Depuis 2011, des dizaines de signalements ont été transmis aux autorités françaises et à Interpol. En octobre 2019, un homme arrêté à l'aéroport de Glasgow, en Écosse, avait semé l'espoir : les médias français et britanniques avaient annoncé, à tort, que c'était lui. Il s'agissait en réalité d'un ressortissant français sans lien avec l'affaire. L'épisode avait mis en lumière la fébrilité qui entoure ce dossier.
Le juge d'instruction en charge du dossier a émis un mandat d'arrêt international contre Xavier Dupont de Ligonnès, mis en examen pour cinq assassinats. Certains enquêteurs n'excluent pas qu'il soit mort, peut-être par suicide, sans que son corps n'ait jamais été identifié. D'autres restent convaincus qu'il est vivant, quelque part, sous une fausse identité.
Cette affaire rappelle d'autres mystères judiciaires non résolus, comme la découverte d'un squelette de femme dans un appartement à Toulouse, dont la mort remontait à plus de huit ans, des cas où le temps qui passe rend la vérité de plus en plus difficile à établir.
Un dossier toujours ouvert, une famille sans réponse
L'instruction judiciaire reste ouverte. Les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les crimes contre les personnes continuent de traiter les signalements qui parviennent chaque année, notamment depuis l'étranger. Des proches de la victime attendent toujours de comprendre pourquoi Xavier Dupont de Ligonnès a commis ces crimes avant de disparaître.
Des affaires récentes illustrent à quel point la résolution rapide d'un meurtre dépend souvent d'une arrestation immédiate du suspect. Quand un fugitif parvient à fuir sans laisser de traces, comme dans le cas Dupont de Ligonnès, les années peuvent s'écouler sans réponse. En quinze ans, aucun élément nouveau n'a permis de relancer sérieusement les recherches. Le 21 avril 2026 marquera le quinzième anniversaire de la découverte des corps, sans que la justice ait pu rendre son verdict.