Un réseau sordide tapi dans les recoins d'internet
Le site pornographique Motherless est au cœur de cette affaire. Il a enregistré 62 millions de visites sur le seul mois de février et héberge plus de 20 000 vidéos de femmes endormies ou soumises chimiquement. Ces contenus totalisent des centaines de milliers de vues. Certaines vidéos classées sous la catégorie « eye check », consistant à soulever les paupières de la victime pour prouver qu'elle est inconsciente, comptent à elles seules plus de 50 000 vues.
Le parallèle avec l'affaire Pelicot est saisissant. Dominique Pelicot utilisait sur le site Coco un canal intitulé « à son insu ». Ici, le canal porte le nom « ZZZ », mais la logique criminelle est identique.
Des conseils pour droguer, des vidéos vendues en direct
Au-delà des vidéos, des canaux de discussion ont proliféré sur internet. Selon nos confrères du Parisien, des hommes s'y échangent non seulement des vidéos mais aussi des conseils précis sur la manière de droguer leurs partenaires. Certains y font la promotion de produits utilisables comme soumission chimique, avec le dosage « idéal » indiqué.
Un homme propose même de vendre et d'expédier des « liquides soporifiques », avec ce message glaçant rapporté par CNN : « Votre femme ne sentira rien et n'aura aucun souvenir. » D'autres membres vont encore plus loin en monnayant, le plus souvent par cryptomonnaies, des vidéos en direct du viol de leur compagne.
Les enquêteurs de CNN décrivent une « notion de quasi-fraternité » au sein de ces réseaux, où les agresseurs se soutiennent mutuellement et normalisent leurs crimes. Ce type de dynamique de groupe rappelle d'autres affaires criminelles organisées, comme les réseaux criminels structurés mis en examen à Marseille ou encore les filières de recrutement en ligne démantelées à Paris.
Une enquête qui soulève la question de la responsabilité des plateformes
L'investigation de CNN, publiée fin mars 2026, pointe du doigt la facilité avec laquelle ces contenus sont accessibles et référencés sur des plateformes grand public. Les mots-clés utilisés comme « passed out » ou « eye check » permettent de retrouver ces vidéos en quelques clics.
La question de la modération et de la responsabilité juridique des hébergeurs se pose avec acuité. En France, le débat sur la lutte contre la soumission chimique avait déjà été relancé après l'affaire Pelicot. Cette nouvelle révélation internationale montre que le phénomène dépasse largement les frontières nationales et constitue, selon les journalistes de CNN, un véritable réseau mondial organisé autour de la prédation sexuelle filmée.
Les faits divers violents de ce type illustrent une criminalité de plus en plus connectée, que les autorités peinent encore à contenir à l'échelle internationale.