Ce qui s'est passé
Sur un forum cybercriminel, des pirates ont revendiqué le vol de données concernant 19 millions de personnes. Ce chiffre n'a pas été confirmé par l'agence, mais il place cette attaque parmi les plus graves jamais recensées dans les faits divers numériques en France. L'ANTS gère en effet les demandes liées aux passeports biométriques, cartes nationales d'identité, titres de séjour et permis de conduire.
Quelles données sont concernées ?
Les informations potentiellement dérobées sont particulièrement sensibles car elles sont liées à l'identité officielle des citoyens. Noms, prénoms, adresses, numéros de documents officiels : autant d'éléments qui peuvent alimenter des usurpations d'identité ou des tentatives de phishing ciblé.
La France n'en est pas à sa première mésaventure de ce type. L'Éducation nationale, le réseau de santé Cerballiance et les fichiers de détenteurs d'armes à feu avaient déjà été compromis ces dernières années. Comme le souligne l'ANTS elle-même, « aucun système n'est inviolable ». Dans un contexte où les attaques contre des institutions françaises se multiplient, la cybersécurité des bases d'État est désormais une priorité nationale.
Ce qu'il faut faire si vous êtes concerné
Si vous avez effectué des démarches sur le portail ANTS ces dernières années, vous êtes potentiellement exposé. Les autorités recommandent de rester vigilant face aux e-mails ou appels téléphoniques suspects utilisant vos données personnelles pour se faire passer pour un organisme officiel.
Il est conseillé de signaler tout acte d'usurpation sur la plateforme gouvernementale cybermalveillance.gouv.fr et de déposer une plainte en cas de préjudice avéré. Les personnes concernées peuvent également surveiller l'utilisation frauduleuse de leurs documents d'identité auprès des services de police. Dans un contexte déjà chargé en matière de sécurité, comme en témoigne l'attentat déjoué à Paris impliquant des mineurs recrutés sur Snapchat, les services de l'État sont sous pression. L'ANTS a indiqué avoir renforcé ses systèmes de sécurité et travaille avec l'ANSSI, l'agence nationale chargée de la cybersécurité, pour évaluer l'étendue exacte de la fuite. Une enquête judiciaire a été ouverte pour identifier les auteurs de l'attaque.