Une intervention sans cadre légal tourne au drame
Sauf que ni arrêté municipal d'hospitalisation sous contrainte, ni certificat médical préalable n'avaient été établis, comme l'a souligné le procureur de Saint-Malo, Fabrice Tremel. L'intervention était donc totalement dépourvue de base légale.
Quatre personnes ont alors maintenu physiquement la sexagénaire au sol pendant environ quinze minutes. Ses jambes ont été attachées à l'aide d'une sangle et d'une corde apportées par deux des participants. Des vidéos de la scène auraient été filmées. Catherine Josselin est décédée peu après. L'autopsie a conclu à un lien probable entre sa mort et les violences subies.
Détention provisoire pour le maire, contrôle judiciaire pour son conseiller
Placé en garde à vue dès le mardi 15 avril, Michel Daugan a été mis en examen le soir même pour deux chefs : "violences volontaires ayant entraîné la mort" et "arrestation arbitraire suivie de mort". Il a été écroué et placé en détention provisoire. Un sort que l'on retrouve malheureusement dans d'autres affaires de violences ayant entraîné la mort, où la justice française répond désormais avec une grande fermeté.
Son conseiller municipal, Jean-Michel Hamonet, a pour sa part été mis en examen pour les mêmes faits d'arrestation arbitraire suivie de mort, mais placé sous contrôle judiciaire avec interdiction formelle de se rendre sur la commune de Plouasne. Les deux autres personnes ayant apporté les liens ont vu leur garde à vue levée.
Ce dossier hors norme rappelle, à sa façon, combien certains élus peuvent dépasser les limites de leurs prérogatives. En comparaison, d'autres maires font la une pour des arrêtés insolites et inoffensifs, loin des dérives dramatiques de l'affaire Plouasne.
Un édile réélu de justesse, une commune sous le choc
Le profil de Michel Daugan ajoute encore à la stupeur. Maire de Plouasne depuis 2008, il venait d'être réélu en mars 2026 au second tour dans des circonstances rocambolesques : l'égalité des voix avait été départagée par la règle de la moyenne d'âge la plus élevée, prévue par le code électoral. Sa commune est aujourd'hui sous le choc. Cette affaire résonne aussi dans un contexte judiciaire chargé : les prisons françaises sont au bord de l'asphyxie, avec 87 126 détenus recensés au 1er mars 2026, un record absolu. L'instruction se poursuit sous la direction du parquet de Saint-Malo.