Un assaillant armé jusqu'aux dents, stoppé aux portes de la salle de réception
L'assaillant était lourdement armé : un fusil de chasse, un pistolet et plusieurs couteaux ont été retrouvés sur lui. Les agents du Secret Service l'ont neutralisé dans un couloir attenant à la salle de bal, avant qu'il n'atteigne le couple présidentiel. Un agent a été touché par balle mais son gilet pare-balles l'a protégé. Il a néanmoins été hospitalisé. Allen lui-même a été conduit à l'hôpital sans avoir été blessé par les tirs de riposte.
Donald Trump, Melania Trump et le vice-président J.D. Vance ont été immédiatement exfiltrés de l'estrade. Le gala a été annulé. Deux heures après les faits, Trump a tenu une conférence de presse improvisée, déclarant avec ironie : "Je fais un métier dangereux."
Des failles de sécurité pointées du doigt
L'onde de choc provoquée par cet incident tient autant à sa violence qu'aux interrogations sur les conditions d'accès à l'événement. Selon plusieurs témoignages recueillis après l'attaque, les contrôles à l'entrée de l'hôtel n'étaient pas à la hauteur de la situation. Certains participants ont certifié que le simple carton d'invitation suffisait à pénétrer dans les lieux, sans vérification d'identité complémentaire.
Trump lui-même a qualifié le Washington Hilton de "pas particulièrement sûr", tout en saluant l'efficacité du dernier point de contrôle qui a permis de stopper l'assaillant. Le fait que l'hôtel, ouvert au public, accueillait plusieurs événements simultanément ce soir-là, a mis en lumière des failles structurelles dans la délimitation des périmètres de sécurité.
Le procureur général par intérim des États-Unis, Todd Blanche, a précisé que Cole Thomas Allen "visait probablement le président" et qu'il avait "agi seul". Un manifeste découvert dans sa chambre est en cours d'analyse par le FBI. Trump l'a décrit comme un "manifeste anti-chrétien" et a qualifié son auteur de "loup solitaire" et de "personne malade". Un membre de la famille d'Allen avait alerté la police après avoir reçu certains de ces écrits, mais l'assaillant était jusqu'alors inconnu des services de police de Washington.
Allen a été inculpé de deux chefs d'accusation : utilisation d'une arme à feu lors d'un crime de violence et agression d'un agent fédéral avec une arme dangereuse. Des charges supplémentaires sont attendues.
La cinquième tentative d'assassinat contre Trump en dix ans
Cet incident n'est pas isolé. L'attaque du 25 avril 2026 constitue la cinquième tentative d'assassinat visant Donald Trump depuis 2016, un record historique parmi les présidents américains. Le 13 juillet 2024, une balle l'avait blessé à l'oreille lors d'un meeting à Butler, en Pennsylvanie. Le 15 septembre 2024, une possible tentative avait eu lieu à l'International Golf Club en Floride. Plus récemment, le 22 février 2026, un homme armé avait réussi à s'introduire à Mar-a-Lago, sa résidence de Floride.
La coïncidence géographique n'a pas échappé aux observateurs : c'est dans ce même hôtel Hilton de Washington que Ronald Reagan avait été victime d'une tentative d'assassinat le 30 mars 1981. Sur 46 présidents américains, 16 ont fait l'objet de tentatives ou de complots, soit 35 %. Donald Trump, avec cinq attaques armées recensées, dépasse tous ses prédécesseurs sur ce critère macabre.
Le FBI poursuit son enquête, avec des perquisitions et des saisies d'appareils électroniques. La question du renforcement des protocoles de sécurité autour du président lors d'événements publics, notamment dans des hôtels ouverts au grand public, est désormais posée avec une acuité nouvelle.
Source: La Dépêche