Une course à 27 euros facturée 700 euros
Ce n'est qu'en consultant son compte en banque qu'elle découvre le pot aux roses : la course lui a coûté 700 euros. Elle dépose plainte au commissariat du IXe arrondissement, qui confie l'affaire à la brigade des enquêtes d'initiative (BEI).
Identifié grâce aux caméras de vidéoprotection
Les enquêteurs agissent vite. Les images de vidéoprotection de la Ville de Paris, encore disponibles, permettent de retrouver le véhicule. La plaque d'immatriculation mène au nom du chauffeur et à sa photo de permis de conduire. La victime le reconnaît formellement.
Plutôt que de l'interpeller immédiatement, la BEI choisit de creuser. Convaincus que l'homme est coutumier du fait, les enquêteurs passent au crible ses trois lignes téléphoniques afin de retrouver d'autres clients potentiellement lésés. Pendant plusieurs jours, les policiers les contactent un par un.
Résultat : dix victimes supplémentaires se signalent. Parmi elles, sept personnes âgées de 74 à 95 ans, décrites comme étant en situation de vulnérabilité. L'une d'elles aurait réglé sa course plusieurs milliers d'euros. Le préjudice total de cet habitant de Domont, en Val-d'Oise, est estimé à 15 000 euros.
Cette affaire de faits divers à Paris illustre une tendance préoccupante : celle de l'escroquerie ciblant délibérément des personnes âgées, souvent moins familières des outils numériques permettant de vérifier les transactions en temps réel. La capitale avait déjà connu d'autres affaires impliquant des personnes vulnérables, comme en témoigne cette agression dans un tramway parisien à la Porte de la Chapelle ou encore l'attentat déjoué impliquant des mineurs recrutés via Snapchat. Plus récemment, la chronique judiciaire a également été marquée par le meurtre d'un homme à Reims pour un simple briquet, rappelant la diversité et la brutalité des faits divers qui émaillent l'actualité judiciaire française.
Le chauffeur VTC, placé en garde à vue, fait face à des charges d'escroquerie. La suite de la procédure déterminera si d'autres victimes, encore non identifiées, ont pu être lésées au cours de ses trajets parisiens.