Une journaliste filme des violences en caméra cachée sans signaler
Ces images ont ensuite été diffusées le 29 janvier 2026 dans un documentaire intitulé "Périscolaire, établissements privés : enquête derrière le portail de nos écoles", en prime time sur France 2. Entre le tournage et la diffusion, aucun signalement n'a été effectué auprès des autorités judiciaires ou administratives.
La plainte pour non-dénonciation de mauvais traitements vise la société Premières Lignes Télévision, la présentatrice Élise Lucet, la réalisatrice Claire Tesson, les producteurs Luc Hermann et Paul Moreira, ainsi que la journaliste ayant réalisé les images. France Télévisions n'a pas réagi à ce stade.
Des enfants victimes de nouveaux abus entre le tournage et la diffusion
L'avocat de la famille plaignante souligne que la diffusion du documentaire a entraîné la suspension immédiate des animateurs concernés. Mais il dénonce le fait que "plusieurs enfants ont révélé avoir subi des viols et des agressions sexuelles commis entre le tournage et la diffusion de l'émission".
Pour les avocats des familles, le calcul est accablant : neuf mois de silence ont laissé des enfants exposés à des risques graves. "Un signalement aurait permis de protéger ces victimes", ont-ils fait valoir, estimant que l'équipe de *Cash Investigation* a "entendu faire du divertissement sur fond de violences commises sur des mineurs". Cette affaire rappelle d'autres faits divers à Paris qui ont mis en lumière des défaillances dans la protection des personnes vulnérables, comme cette agression au couteau dans un tramway Porte de la Chapelle ou encore l'attentat déjoué devant la Bank of America impliquant des mineurs recrutés via Snapchat.
Une crise "systémique" dans les écoles parisiennes
Cette affaire s'inscrit dans un contexte bien plus large. Depuis début 2026, 78 agents périscolaires ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour suspicion de violences sexuelles. Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a lui-même reconnu le caractère "systémique" des violences, exprimant sa compréhension pour la "colère légitime" des familles.
La justice devra désormais déterminer si le choix de conserver l'exclusivité des images jusqu'à la diffusion télévisée constitue bien un délit de non-dénonciation. Un cas qui pourrait faire jurisprudence sur les obligations légales des équipes de journalisme d'investigation lorsqu'elles sont témoins de faits criminels. Dans un contexte où les prisons françaises atteignent des niveaux records de surpopulation, la question du traitement judiciaire de tels dossiers reste entière.