Une intervention musclée aux conséquences dramatiques
Aucune procédure légale n'a été respectée. Ni arrêté municipal, ni certificat médical préalable. Des images de vidéosurveillance montrent quatre personnes maintenir Catherine Josselin au sol pendant plus de quinze minutes, en exerçant une pression physique sur elle. Ses jambes ont été attachées avec une corde et une sangle. Elle est décédée à la suite de cette intervention. L'autopsie établit un lien probable entre les faits et son décès.
Ce drame rappelle, dans une tout autre configuration, combien les affaires mettant en cause des élus locaux peuvent prendre des dimensions judiciaires inattendues. On se souvient récemment d'un arrêté municipal breton qui avait défrayé la chronique pour des raisons bien plus légères, l'humour en moins ici.
Quatre mis en examen, dont le maire écroué
Une enquête a été ouverte dans la foulée par le parquet de Saint-Malo. Quatre personnes ont été placées en garde à vue : le maire, son conseiller municipal et deux autres individus soupçonnés d'avoir fourni le matériel utilisé pour ligoter la victime.
Michel Daugan a été mis en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort" et "arrestation et détention arbitraire suivie de mort". Il a été placé en détention provisoire. Son conseiller Jean-Michel Hamonet a lui aussi été mis en examen pour les mêmes chefs de prévention, mais placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre à Plouasne et de contacter les parties impliquées. Les deux autres suspects ont été libérés sous contrôle judiciaire, assortis des mêmes interdictions.
C'est le procureur de Saint-Malo, Fabrice Tremel, qui a confirmé l'ensemble de ces éléments. Cette affaire illustre, de façon dramatique, les dérives possibles quand une initiative extra-légale se substitue aux procédures médicales encadrées par la loi. Dans la rubrique des faits divers les plus choquants de ces dernières semaines, d'autres affaires à l'issue fatale ont également défrayé la chronique en France.
Une commune sous le choc, une instruction ouverte
Plouasne est un village d'environ 2 000 habitants situé dans les Côtes-d'Armor. L'affaire a provoqué une vive émotion locale et nationale. Le maire en exercice se retrouve désormais derrière les barreaux dans l'attente du procès, alors même que sa victime était une simple résidente dont le comportement, quel qu'il fût, n'aurait pu justifier aucune forme de contention illégale.
L'instruction suit son cours. Le nombre croissant de détenus en France, dans un contexte de surpopulation carcérale record avec 87 126 détenus au 1er mars 2026, ne ralentit pas les juges d'instruction, qui ont ici tranché pour le placement en détention provisoire du premier magistrat de la commune.