Une institution qui se désolidarise de ses agents
Quatre militaires des renseignements et un ancien réserviste sont jugés pour leur rôle dans la tentative d'assassinat d'une coach en entreprise, Marie-Hélène Dini, confondue avec une espionne. Le défilé de témoins anonymisés a duré quatre jours. Aucun n'a reconnu la moindre responsabilité institutionnelle dans "la dérive" des accusés.
La thèse de la mission "hors cadre" rejetée
Arrêtés en juillet 2020 à Créteil, près du domicile de la victime, Pierre Bourdin et Carl Esnault, alias Dagomar et Adelar, ont d'abord gardé le silence en garde à vue. Ils ont ensuite affirmé agir dans le cadre d'une mission "hors cadre" de la DGSE. Tous deux étaient affectés à la surveillance d'un site abritant un camp du service Action, l'unité d'élite popularisée par la série "Le Bureau des Légendes".
La DGSE a catégoriquement rejeté cette version. "Il n'existe pas, sauf dans les romans d'espionnage, de missions hors cadre", a répliqué l'institution. L'affaire Athanor a ainsi révélé une longue liste de contrats criminels imaginés au sein d'une loge maçonnique des Hauts-de-Seine.
Un procès fleuve impliquant 22 personnes
Comme le rapporte Sixactualites.fr, la loge Athanor, aujourd'hui dissoute et rattachée à la Grande Loge de l'Alliance maçonnique française, est au coeur du dossier. Elle est décrite comme un réseau au sein duquel se sont organisés plusieurs projets criminels mêlant espionnage, manipulation et violence.
Au total, 22 personnes comparaissent dans ce procès prévu jusqu'à mi-juillet 2026. Selon le site 450.fm, l'ancienne dirigeante Muriel Brun-Millet a déclaré lors de son audition début avril être "écrasée par le poids du remords et de la honte". Un autre protagoniste, Frédéric Vaglio, ancien journaliste, est présenté comme le "commercial" d'une officine de tueurs selon Mediapart.
Chiffres clés
- 22 accusés (19 hommes et 3 femmes, âgés de 30 à 73 ans) jugés devant la cour d'assises spéciale de Paris à partir du 30 mars 2026, dont 4 militaires de la DGSE et 3 policiers (Le Monde / La Gazette France)
- ~10 affaires criminelles envisagées par les enquêteurs dans le cadre de l'affaire Athanor, dont au moins 1 assassinat confirmé (le pilote Laurent Pasquali en 2018) (Wikipedia / Le Monde)
- 318 000 € de dette au cœur d'une campagne d'intimidation contre un couple d'entrepreneurs de Seine-et-Marne, impliquant un policier de la DGSI (Wikipedia)
- 15 chefs d'accusation environ, incluant meurtre en bande organisée, tentative de meurtre, violences aggravées et tentative d'extorsion (Le Monde / La Gazette France)
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Source: bfmtv.com