Un compte TikTok au cœur de l'arnaque
Opérant sous les pseudonymes « vendeur.parisien » et « psg_places.75 », il avait attiré plus de 13 000 abonnés sur TikTok depuis août 2024. Via ce compte, il proposait des billets pour les matchs du Paris Saint-Germain, à domicile comme à l'extérieur. Des billets évidemment falsifiés, qui ne permettaient aucun accès au stade.
Près de 2 000 victimes et 40 000 euros de gains
L'enquête a permis d'estimer le nombre de victimes, d'escroquerie ou de tentative d'escroquerie, à près de 2 000 personnes en l'espace de deux ans. Le montant des gains est évalué à « au moins » 40 000 euros selon les enquêteurs.
Ainis D. a reconnu les faits ainsi que le nombre de victimes lors de sa garde à vue. Il a été déféré en vue de l'ouverture d'une information judiciaire. Le PSG avait de son côté déposé plainte dès le 28 janvier 2026, contribuant au déclenchement de l'enquête.
Les investigations ont également révélé qu'il n'agissait pas seul. Son frère, connu des services de police, l'aurait aidé dans cette entreprise frauduleuse. Ce complice a pris la fuite au moment de l'interpellation et n'a pas encore été arrêté à ce jour.
Un phénomène qui dépasse le seul football
Les arnaques à la revente de billets sont devenues un fléau récurrent dans la capitale, profitant de la forte demande pour les événements sportifs et culturels. Les billets du PSG, particulièrement difficiles à obtenir, constituent une cible de choix pour les escrocs en ligne. Les réseaux sociaux, et TikTok en particulier, servent désormais de vitrines à ces trafics, touchant des milliers de supporters.
Ce type d'affaire illustre plus largement la montée en puissance de la cybercriminalité dans les faits divers à Paris et en Île-de-France. La BL2C, qui avait également été mobilisée lors d'une affaire terroriste déjouée à Paris impliquant des mineurs recrutés via Snapchat, se retrouve en première ligne face à l'explosion des infractions numériques.
Les enquêteurs rappellent que l'achat de billets en dehors des canaux officiels du club reste la principale porte d'entrée de ces escroqueries. Dans un contexte où la surpopulation carcérale atteint des records en France avec 87 126 détenus au 1er mars 2026, ce dossier illustre aussi la diversité des profils qui alimentent les statistiques judiciaires françaises. L'information judiciaire ouverte devrait permettre de remonter l'ensemble du réseau, et notamment de localiser le frère en fuite.